Helsana, le premier assureur maladie et accident de Suisse, a bouclé 2009 sur un déficit

Helsana affiche à nouveau des chiffres rouges à l’issue de 2009. Après une perte de 215 millions de francs en 2008, le premier assureur maladie et accident de Suisse a bouclé l’année passée sur un déficit réduit à 58 millions, profitant de l’embellie des marchés financiers.

Les primes encaissées se sont inscrites à un total de 5,49 milliards de francs, soit le même niveau que l’année précédente, a indiqué vendredi à Zurich Manfred Manser, le patron de l’assureur. Côté charges, les prestations d’assurance ont quant elles progressé de 3% à 5,14 milliards dans la couverture de base, entraînant une perte actuarielle de 189 millions de francs.

Atteignant 568 millions de francs, les frais d’exploitation ont pu être maintenus à leur niveau de 2008. Avec la mise en place d’une nouvelle direction, l’actuel chef des finances Daniel Schmutz succédant à M. Manser à la tête du groupe, alors que Thomas Szucs reprendra à Eugen David la présidence du conseil d’administration, Helsana veut se lancer dans un examen minutieux de ses charges.

Si les pertes se sont maintenues dans l’assurance maladie de base, le résultat des placements de capitaux a tiré profit de l’embellie observée sur les marchés financiers, celui-ci bouclant sur un gain de 278 millions de francs. En 2008, l’assureur avait subi une perte de 229 millions sur ses placements. Les affaires complémentaires, tout comme l’assurance accident ont elles connu une évolution favorable.

Contraint d’augmenter fortement ses primes cette année, soit en moyenne de 9,3%, Helsana a vu quelque 165’000 clients dans l’asssurance de base selon la Loi sur l’assurance maladie (LAMal) lui tourner le dos. La compagnie établie à Zurich n’en reste pas moins le premier assureur maladie et accident de Suisse avec près de 2 millions d’assurés.

“Correction indispensable”, la hausse des primes, doit permettre à Helsana de rentrer dans ses frais, a pour sa part estimé Eugen David. En raison de la baisse du niveau des réserves obligatoires ordonné par le pouvoir politique, les primes dans l’assurance de base n’ont pas pu tenir la cadence face à l’augmentation des coûts.

Toujours dans l’assurance maladie obligatoire de base, les prestations hospitalières stationnaires ont affiché une augmentation de 4% à 1,03 milliard de francs et les soins ambulatoires en hôpital de 5% à 608 millions. Ceux prodigués en cabinet médical ont crû de 1% à 777 millions et les dépenses pour les médicaments de 6% à 754 millions.

Le ratio combiné, soit le taux mesurant le rapport entre les primes encaissées et les coûts s’est inscrit entre 102,8 et 103,4%, selon les secteurs d’activité. A l’exception notable de l’assurance de base qui a présenté un niveau totalement insuffisant à 106,2%, a relevé M. Manser.

L’exigence formulée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) à l’automne 2008 pour que les primes soient abaissées dans six cantons ont pesé sur les réserves du groupe. En l’espace d’un an, les fonds propres de l’assureur ont passé de 816 à 758 millions de francs. Si le niveau des capitaux propres a fléchi de 15 à 13,8%, Helsana affiche néanmoins des finances saines.

Ces interventions étatiques constituent d’ailleurs le plus gros problème de l’assurance obligatoire de base, de l’avis de M. David. Maintenir les primes à un bas niveau de manière artificielle en réduisant les réserves a entraîné une distorsion de concurrence, accru la pression sur les coûts et intensifié les changements de caisse de la part des assurés, selon lui.