Grands risques : Vers un durcissement du marché

INFOGRAPHIES – Dans son dernier état des marchés, Marsh France livre ses projections pour le secteur de l’assurance en 2020. En dommages, le courtier anticipe des hausses des tarifs sur certaines branches dans un contexte de durcissement du marché.

Comme chaque année, Marsh France livre sa vision du marché de l’assurance et ses projections sur les conditions d’exercice 2020. Après une présentation des tendances tarifaires générales de ces cinq dernières années (voir ci-dessous), le courtier s’est notamment attardé sur le contexte de marché dans lequel évoluent actuellement intermédiaires et assureurs grands risques. Après plus d’une décennie de baisse de primes, le marché fait aujourd’hui face à un retournement de situation accompagné de conditions tarifaires orientées à la hausse, un durcissement des politiques de souscription, le tout dans un contexte de taux d’intérêts plus que tendu et une rétention nette élevée.

Au-delà du niveau des ratios combinés du marché (voir l’infographie ci-dessous), le courtier constate que « des branches sont en déficit technique » et pointe d’autres conséquences : « Arrêt d’activité, resouscription et effet signal », note le courtier dans sa présentation.

Gare aux comptes sinistrés

Dans ce contexte , le courtier a donc livré ses projections par lignes techniques dommages. En aviation (constructeurs et équipementiers, transporteurs aériens et aviation générale), Marsh France prévoit ainsi des « taux en hausse pour les assurés non sinistrés. Les comptes sinistrés peuvent subir des majorations plus importantes », concernant les évolutions tarifaires alors que pour la branche espace, le courtier fait état d’un « durcissement du marché sur tous les placements suite à une sinistralité importante en 2018 et 2019 ».

En construction, notamment sur la TRC, le courtier table sur des taux stables ou en légère hausse mais précise que « quelques grands acteurs durcissent fortement leur politique de souscription en répercussion des fortes tensions du marché de Londres ». En RC Décennale, face à un marché tendu à la suite à des résultats techniques dégradés, des coûts en hausse et la « crise » des assureurs en LPS, « les assureurs sont prudents sur leurs expositions », indique Marsh qui anticipe des taux plutôt stables, tout comme en DO.

En corps de navire, « Après environ 15 années de marché baissier, les résultats des assureurs ne sont pas bons », note le courtier qui s’attend à ce que « toutes les affaires partent à la hausse, y compris celles avec de bons résultats ». Côté P&I (RC des navires), la majoration pourra augmenter de 2,5 à 5%, suivant les clubs.

En cyber, alors que certains acteurs réduisent ou ventilent leurs capacités, voire sortent du marché, Marsh anticipe « la fin des lignes de 25 M€ avec un seul acteur » et surtout la fin des baisses de prime pour les renouvellements. « Une certaine tension apparaît liée à la multiplication des sinistres en cours d’indemnisation sur le marché européen », pointe le courtier.

Sur la ligne dommages et pertes d’exploitation, « la hausse des prix des programmes d’assurance dommage des grands comptes s’est confirmée pour les renouvellements de janvier 2019 et juillet 2019 », indique Marsh qui s’attend à des augmentations significatives « pouvant aller jusqu’à 80 % ». « Pour exploiter pleinement le marché et bénéficier des capacités toujours abondantes, il faut anticiper et se préparer à des négociations avec les tenants pouvant être longues », enchaîne ensuite le courtier.

En RC, où le marché encore attractif sur les affaires présentant de bons résultats, des baisses de tarifs sont encore possibles notamment sur le segment PME/PMI. Enfin, en flottes automobiles, Marsh constate que depuis plusieurs exercices les assureurs mènent une campagne pour redresser leurs résultats. « Seules les affaires ayant des ratios de moins de 60 % sur au moins trois ans peuvent bénéficier d’un statu quo. Pour des ratios supérieurs, une étude du risque en travaillant sur des hausses de franchises est nécessaire, voire des suppressions de garanties dans un but de minimiser l’impact de la majoration », conclut le courtier.