Etats-Unis : Le patron d’AIG s’excuse après avoir fait scandale sur les bonus des traders

Le patron d’AIG a comparé les critiques contre les bonus versés à ses traders avec l’argent public aux lynchages d’autrefois dans le Sud de l’Amérique. Il présente ses excuses.

Comme un air de déjà-vu. Les propos du PDG d’AIG, Robert Benmosche, ont fait scandale aux États-Unis. A la tête de l’assureur américain depuis 2009, Robert Benmosche a dû présenter la semaine dernière ses excuses publiques après s’être offusqué des anciennes critiques contre les bonus versés à ses traders avec l’argent public.

Dans les colonnes du Wall Street Journal fin septembre, Robert Benmosche déclarait que la contestation grandissante liée au bonus “était destiné à faire monter la colère populaire pour mettre tout le monde dans la rue, avec des fourches, des cordes de bourreau et tout le reste, un peu de la même façon qu’il y a des décennies dans le Sud de l’Amérique profond. Et je pense que cela était aussi bête que méchant“.

Lynchages du Sud

Parmi les nombreuses réactions hostiles à cette déclaration, le député démocrate Elijah E. Cummings a demandé la démission du patron. “Je trouve invraisemblable que M.Benmosche compare les violentes répressions des afro-américains avec les efforts du Congrès pour éviter le dilapidation de l’argent du contribuable“, a-t-il déclaré dans un communiqué. Le dirigeant d’AIG s’est rendu en fin de semaine dernière pour présenter ses excuses au député courroucé. “C’était un choix de mots malheureux. Je n’ai jamais voulu offensé quiconque“, a-t-il affirmé.

Le premier assureur mondial, impliqué dans la crise des subprimes, a dû être renfloué par l’État à hauteur de 182Mds de dollars en septembre 2008 pour éviter de justesse la faillite. Robert Benmosche, ancien directeur de Metlife, a été nommé PDG d’AIG en 2009 pour redresser la compagnie et rembourser les aides d’État. La dernière tranche d’aide a été remboursée en décembre 2012. Mais une partie de l’argent public a pu payer les bonus d’une centaine d’employés des services financiers d’AIG après son sauvetage, créant un scandale aux États-Unis. Pour le patron, cela est injustifié car “moins de 10 employés étaient derrière les mauvais trades“.

Scandales

Les dirigeants d’AIG ont souvent adopté des attitudes sulfureuses. En 2011, l’ancien patron d’AIG, Maurice Greenberg, avait créé un tollé lorsqu’il avait porté plainte contre l’Etat fédéral l’accusant d’avoir spolié les actionnaires d’AIG en prennant 80% du contrôle de l’entreprise en 2009. Il réclamait 25Mds de dollars à l’État, payés par AIG en intérêts.

Joseph Cassano, ancien responsable des opérations sur les produits dérivés et au centre de la chute d’AIG, a également été sous le feu des critiques lorsqu’il a profité d’un parachute doré de 34M de dollars à son départ en mars 2008 et d’honoraires de 1M de dollars par mois en tant que consultant d’AIG jusqu’en septembre 2008.

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