Emprunteurs : au Royaume-Uni, plus d’un million de nouvelles plaintes

1,2 million de nouvelles plaintes ont été déposées en 2014 à propos d’assurances emprunteurs vendues sans consentement du client ou sans effet en raison de clauses cachées. Le secteur a déjà remboursé 20Mds d’euros depuis 2011.

Plus de 1,2 million de nouvelles plaintes ont été déposées par des  consommateurs britanniques au premier semestre de 2014 pour d’éventuelles ventes abusives d’assurances sur crédit, un scandale qui a déjà coûté l’équivalent de 20Mds d’euros au secteur de la finance, a annoncé le régulateur.

Ces consommateurs se sont officiellement fait connaître auprès de leur banque, de leur compagnie de carte de crédit ou de leur prêteur, estimant avoir été lésés en achetant une “payment protection insurance” (PPI), a expliqué jeudi l’Autorité de conduite financière (FCA) dans un communiqué.

Ces assurances sont vendues pour soutenir un emprunteur qui se retrouverait dans l’incapacité de rembourser un prêt, immobilier ou autre, ou de faire face aux échéances liées à sa carte de crédit – à cause par exemple de la perte de son emploi, d’un accident ou d’une maladie.

Mais dans de nombreux cas ces dernières années, ces PPI vendues au Royaume-Uni comportaient des clauses cachées qui faisaient que l’emprunteur ne pouvait en bénéficier lorsqu’il en avait besoin. Des assurances ont aussi été vendues à des emprunteurs sans leur demander clairement leur avis.

Depuis une décision de justice en 2011 qui a fait jurisprudence, les prêteurs ont dû payer des indemnités massives aux emprunteurs au Royaume-Uni et les plaintes ont abondé. Au premier semestre, les plaintes liées au PPI ont représenté plus de la moitié de l’ensemble des plaintes des consommateurs contre la finance dans le pays.

Fin août, la FCA avait estimé à 16Mds de livres (20Mds d’euros) les montants reversés par ce secteur aux consommateurs dans cette affaire en trois ans. Elle avait dénombré 13 millions de plaintes au total déjà étudiées par les prêteurs et enjoint les banques à se repencher sur 2,5 millions d’entre elles, estimant qu’elles n’avaient pas donné lieu à des remboursements suffisants.

Dans le scandale des PPI, le géant bancaire Lloyds Banking Group est celui qui, de loin, a le plus souffert : il a enregistré des provisions de 10Mds de livres (12,5Mds d’euros) pour faire face aux indemnités versées ou à verser ultérieurement dans cette affaire.

(Avec AFP)