Edito : Faux et usage de faux

    Mais où est passé le soldat Evrard ? La question hante la rédaction de News Assurances Pro. Nous le voyons apparaître ça et là dans différents media. Nous l’avons même surpris à publier sur son blog de campagne. Un homme qui prône dans son programme “la diffusion de [ses] idées par tous les canaux modernes de communication” ne peut refuser une interview se dit-on.

    Certes on peut comprendre que la perspective d’un débat filmé avec son rival, un temps évoquée, soit source d’angoisse pour qui n’est pas rompu à l’exercice. Une affaire d’ailleurs classée sans suite par l’intéressé. Mais une interview ne devrait pas susciter autant de craintes. Faux. Car, vous aurez beau chercher dans les plus de 12.000 articles publiés sur News Assurances Pro, vous ne trouverez pas un mot du candidat adoubé par le président sortant sur l’élection à venir.

    Horreur et damnation. La rédaction de News Assurances Pro aurait-elle manqué à son devoir d’honnêteté dans cette élection en oubliant de donner la parole à l’un des deux prétendants ? Et bien non. C’est plutôt l’inverse qui se produit. News Assurances Pro est boycotté par Patrick Evrard et son équipe. Pourtant, il y a encore 10 jours, aucun édito de cette nature n’aurait été publié sur le site. Après maintes et maintes sollicitations l’agent général seino-marin avait finalement accepté de passer devant notre caméra.

    Fausse joie. Car lundi 18 mai, dans un mail laconique envoyé à une collaboratrice, l’homme revenait sur sa décision. Le fameux p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non normand avait encore frappé. Justifiant son faux bond par des soucis personnels nous tentons de le contacter. Mais faux espoirs. Nous sommes systématiquement renvoyés sur son répondeur. Persévérants, nous contournons le problème et tentons de joindre un membre de son équipe. Là encore répondeur. Jusqu’à que nous décidions de passer par un téléphone fixe. Preuve que ce dernier a encore de beaux jours devant lui, il répond immédiatement.
    Nous l’interrogeons alors sur les raisons qui poussent le camp Evrard à nous ignorer. La réponse est des plus surprenantes. “Nous n’apprécions pas ce que vous écrivez sur nous”, lance-t-il.

    Interloqués, nous lui demandons quel(s) article(s) publié(s) par notre rédaction a pu heurter sa sensibilité. L’homme se lance alors dans une diatribe contre des écrits de… La Lettre de l’Assurance. Voici qu’après le faux bond, nous avons droit à la fausse excuse. Utiliser les textes de confrères – sur des faits avérés soit dit en passant – pour justifier son mutisme relève en effet de la malhonnêteté intellectuelle. Car rappelons-le. Certes, La Lettre de l’Assurance appartient au même groupe de presse. Mais les rédactions sont séparées et les lignes éditoriales sont bien distinctes, tout comme les directeurs de la publication du reste. Ce serait comme si un footballeur refusait une interview dans le cahier sports du Parisien au titre qu’il appartient au même groupe que l’Equipe. C’est donc un faux problème.

    Mais finalement à jouer les anguilles, M. Evrard se prive d’une opportunité de défendre son projet et crée, de lui-même, une inégalité dans le traitement de l’information. Certes la courtoisie n’est pas une obligation. Mais c’est une attitude selon le dictionnaire. Et une attitude en dit souvent long sur une personne. Alors à défaut de nous répondre, gageons que M. Evrard nous lira.