Courtier : Menace de grève chez Gras Savoye qui confirme 291 suppressions de postes

Gras Savoye veut rationaliser ses plateformes de gestion. Des syndicats redoutent que le PSE soit lié au LBO.

Gras Savoye a confirmé, jeudi 14 mars, la présentation d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), devant se traduire par 291 suppressions d’emplois en France (2.100 collaborateurs), soit environ 14% des effectifs.

Depuis 2012, plus d’une centaine de départs nets a déjà été relevée au sein du groupe France (ruptures à l’amiable, départs à la retraite, non renouvellements de poste). Parallèlement, Gras Savoye a annoncé son intention d’embaucher 57 nouveaux profils.

L’objectif est simple : améliorer la compétitivité sur certaines plateformes de gestion et d’administration. Le premier courtier français explique, dans un communiqué, que “face à un contexte économique incertain, Gras Savoye va poursuivre la mise en œuvre de cette mutation en mettant l’accent sur l’adaptation de son organisation, la simplification de ses outils informatiques et la performance des opérations de gestion”.

Menace de grève

Les plateformes de gestion d’Ormes et de Noisy sont concernées. Et le site d’Aix devrait disparaitre. Face à cette situation, une intersyndicale FO et CGT qui pourrait être rejointe par la CFDT, se dit prête à lancer un appel à la grève.

FO et CGT estiment que Gras Savoye est en bonne santé financière et que 2012 a été une année commerciale meilleure que 2011 (qui avait vu le chiffre d’affaires baisser de 1,3% à 555,4M d’euros par rapport à 2010).

Une manifestation (FO-CGT-CFDT) est aussi prévue le 19 mars pour défendre les emplois dans les sociétés de courtage .

Dans une interview donnée à l’Argus de l’assurance, François Varagne, directeur général de Gras Savoye, jus tifie ce PS E par le souci de “rationaliser certaines tâches “. Il indique que Gras Savoye continuera à faire du conseil, de l’intermédiation et de la gestion.

“Ces trois piliers sont essentiels et nous ne serons jamais uniquement des sociétés de conseil. Ce qui change, c’est le contexte dans lequel il faut exercer ce métier. Le courtage ne peut pas éviter, en 2013, de repenser la façon dont il travaille et de faire sa mue”, déclare François Varagne, à l’hebdomadaire.

Pour Gérard Prado, délégué syndical (FO) chez Gras Savoye, le courtier aurait plutôt l’intention cachée d’externaliser à terme la gestion de contrats pour réduire les coûts salariaux. “Un deuxième PSE pourrait alors être mis en place comme cela a été fait chez AON et Marsh “, redoute le syndicaliste.

Habiller la mariée

Dans le cadre du LBO (leveraged buy-out)mis en place en 2009, le nouvel investisseur et courtier Willis pourra exercer son droit d’achat sur le courtier en 2015 et finaliser son acquisition en 2016. Gérard Prado, délégué syndical (FO), craint que ce PSE soit lié au LBO et “que l’on cherche à habiller la mariée, dans une vision de court terme (…) la direction pourrait terminer alors ce qu’elle a commencé à faire par un deuxième PSE”.

Par ailleurs, Gras Savoye a commencé sa réorganisation stratégique autour de trois pôles : régions, international, corporate auxquels s’ajoutent les filiales spécialisées. Plus particulièrement , l’effort se porte sur le pôle corporate (grands comptes) qui doit être muscl é avec l’arrivée récente de Gilles Bénéplanc, en tant que DG délégué et d’Anne Cavel, directeur adjoint corporate Life, tous deux débauchés du cabinet Mercer.