Big data : Quand les assureurs cherchent à comprendre leurs assurés

Le big data est en passe de faire basculer le monde de l’assurance dans un nouveau modèle dans lequel l’analyse de la donnée sera primordial pour défendre ses positions et conquérir de nouvelles parts de marché.

Comment conserver ses sociétaires et étoffer son portefeuille d’assurés ? Sans être une martingale, la révolution en marche du big data pourrait permettre d’apporter un début de réponse. “Le modèle actuel de l’assurance repose sur du scoring, des photos à l’instant T de la vie de leurs assurés. Le big data permet aux assureurs d’analyser les comportements à travers une approche dynamique de la vie des individus et donc d’anticiper certains passages à l’acte”, indique Guillaume Bourdon, cofondateur de Quinten, start-up spécialisée sur les stratégies data.

En d’autres termes, l’assureur pourrait déterminer à quel moment un assuré serait susceptible de résilier un contrat, ou a quel moment il serait enclin à souscrire un nouveau contrat. “On sort d’une analyse des comportements moyens, pour aller vers une analyse plus fine, poursuit Guillaume Bourdon. Nous devons dès lors identifier des règles de comportement des assurés en fonction des données dont disposent les compagnies. Il ne s’agit plus de conclure par exemple qu’un assuré auto résilie son contrat en moyenne au bout de sept ans, mais que les assurés qui ont plus de trois ans d’ancienneté et qui n’ont pas été relancés depuis 8 mois ont un taux de résiliation de 40%.”

“Le client veut se sentir unique”

Forts de ses résultats, les assureurs peuvent cibler des actions marketing sur ses populations. Une logique qui s’inscrit dans une forme de personnalisation du dialogue entre le client et son fournisseur d’assurance. “Le client veut se sentir unique”, souligne le directeur associé de Quinten. La stratégie du mass market s’éteint peu à peu. Cette nouvelle forme d’approche commerciale reste toutefois très encadrée. “Nous travaillons à partir de données anonymisées stockées en dur et non dans le cloud”, précise-t-on chez Quinten.

La start-up constate par ailleurs que les secteurs de la banque et l’assurance ont accéléré sur la question du big data depuis plusieurs mois. Le recrutement de chief digital officers dénote de cette tendance. Avec eux apparaissent les data scientists chargés de défricher la question du big data et ses enjeux au sein des compagnies.

Outre diminuer le taux d’attrition, mieux comprendre les assurés et leurs besoins permet de se préparer à une éventuelle ubérisation du secteur de l’assurance. La donnée sera un bien précieux pour cibler une population de plus en plus portée vers un principe d’usage que de propriété.