Banque Postale/CNP Assurances : Les discussions avancent “au rythme prévu”

Eric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts

Les discussions autour de la création d’un grand pôle financier public via le rapprochement de La Banque Postale et du groupe CNP Assurances avancent “au rythme prévu”, a affirmé jeudi Eric Lombard, le directeur général de la Caisse des dépôts.

“Tout ça avance à un rythme normal, c’est un chantier complexe”, a déclaré M. Lombard à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe Caisse des dépôts. Envisagé depuis plus de 20 ans, le rapprochement du groupe bancaire public La Banque Postale et de l’assureur CNP Assurances, filiale de la Caisse des dépôts, est en passe de devenir réalité.

Les représentants de l’État, de la Caisse des dépôts et de la Poste ont trouvé un accord à l’été 2018 pour que la Caisse des dépôts apporte sa participation dans CNP Assurances à La Poste. En contrepartie, la Caisse des dépôts deviendrait l’actionnaire majoritaire de La Poste aux côtés de l’Etat. Ce futur grand pôle financier public doit en principe voir le jour début 2020.

“Tout ça avance au rythme prévu et en tout état de cause (…) l’opération ne pourra pas être faite avant (…) 2020, plutôt dans la première moitié a priori”, a précisé M. Lombard. “Du côté de La Poste, l’opération est d’abord subordonnée à la promulgation de la loi (Pacte). C’est notre première étape. Ensuite, à la dénonciation du pacte d’actionnaires qui noue un certain nombre d’institutions autour de la CNP et qui doit avoir lieu avant la fin du mois de juin. Et elle est liée enfin à la conclusion d’un accord plus précis avec l’État”, notamment sur les questions de gouvernance, a détaillé M. Lombard.

Le pacte d’actionnaires en question comprend notamment le groupe bancaire mutualiste BPCE. Pour mener à bien le projet, les partenaires doivent par ailleurs demander une dérogation auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). D’après la réglementation boursière française, un actionnaire détenant plus du tiers du capital d’une entreprise cotée en Bourse est en effet tenu de lancer une OPA sur l’ensemble du capital.

Mais l’AMF peut dans certains cas accorder des dérogations, que l’État et la Caisse des dépôts espèrent obtenir en arguant que l’opération consiste davantage à un échange de participations publiques, plus qu’à un rachat proprement dit. “Si cette décision devait être négative, on n’a pas décidé de ce que nous ferions dans ce cas là”, a déclaré M. Lombard.