Assurance dépendance : Pas d’envolée du marché avant le 1er trimestre 2010

    Le marché de l’assurance dépendance ne devrait pas décoller à court terme en raison du report du projet de loi sur la dépendance mais il recèle d’importants potentiels de croissance à long terme, selon une étude du cabinet Precepta (groupe Xerfi) publiée mercredi.

    Sous l’effet du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre des personnes dépendantes devrait passer de 1,1 million en 2008 à 1,5 million à l’horizon 2040. Mais sur les 13 millions de personnes de plus de 60 ans susceptibles de souscrire une assurance dépendance, à peine un cinquième (3 millions) l’a fait, principalement via des contrats de prévoyance individuels, selon Precepta.

    A court terme, les perspectives de croissance de ce marché restent limitées.
    D’une part, à cause de la dégradation de la conjoncture, les ménages doivent effectuer des arbitrages budgétaires. Dans ce contexte, la souscription d’une assurance dépendance (coût moyen de 30 à 40 euros par mois pour une couverture individuelle à 60 ans) ne sera pas considérée comme prioritaire.
    D’autre part, le marché reste en attente du projet de loi sur la prise en charge de la dépendance, reporté au premier semestre 2010. En conséquence, les cotisations d’assurance dépendance individuelle progresseront à peine plus de 3% en 2009, selon cette étude.

    Aujourd’hui, le marché est dominé par les bancassureurs. Predica, filiale du groupe Crédit Agricole, occupe la place de leader sur le segment individuel depuis 2005, alors qu’elle s’est lancée sur ce créneau en 2001 seulement. L’atout majeur des banques est leur force de frappe commerciale: un réseau d’agences sur tout le territoire, des contacts fréquents avec leurs clients.

    Les assureurs ne sont pas en reste pour autant, dans un marché très concentré : les quatre premiers acteurs, Crédit Agricole, CNP Assurances, AG2R et Groupama contrôlaient trois-quarts des cotisations en 2008.

    Les efforts des acteurs se portent aujourd’hui sur le renforcement des prestations en nature, par exemple en transformant une partie de la rente en service, mais aussi le développement de contrats alliant épargne et dépendance pour éviter que le souscripteur n’ait cotisé à fonds perdus si la perte d’autonomie ne s’est pas déclarée.

    AFP