Vilavi (ex-Assu 2000) : L’ex-directeur Amir Messadi visé par une enquête

Le logo du groupe Vilavi (ex-Assu 2000)

La police judiciaire parisienne enquête sur Amir Messadi, l’ex-directeur général du groupe d’assurances Vilavi (ex-Assu 2000), visé par une plainte pour viols d’une ancienne employée, a indiqué mardi le parquet de Paris, sollicité par l’AFP.

Contacté, l’avocat de M. Messadi, Me Frank Berton, n’a pas souhaité commenter. « Ma cliente accueille avec soulagement l’ouverture de cette enquête et la saisine d’un service de police judiciaire », a déclaré de son côté Me Anne-Claire Le Jeune, avocate de la plaignante.

Le 10 octobre, cette ancienne employée a déposé une plainte à Paris, affirmant avoir été victime de harcèlement sexuel dès son arrivée au sein d’Assu 2000 en août 2021, puis avoir subi quatre viols. Le 19 octobre, un porte parole de Vilavi a annoncé à l’AFP avoir mis fin aux mandats et fonctions occupés par Amir Messadi, qui a été remplacé. D’après la plaignante, qui requiert l’anonymat, Amir Messadi lui aurait demandé « des photos de nu, de ses seins et de ses fesses », avait raconté à l’AFP Me Le Jeune au moment du dépôt de plainte. Puis la plaignante relate quatre viols, à Marrakech et à Tanger. « Il était clairement établi qu’en cas de refus, ma cliente perdrait son emploi », a affirmé Me Le Jeune.

L’ancienne employée avait déjà porté plainte au Maroc, où le groupe a des succursales, mais Amir Messadi « a fui » le pays, avait aussi affirmé l’avocate marocaine de la plaignante, Me Aïcha El Guella. Contacté mi-octobre sur ce volet, Me Berton avait évoqué des « affirmations erronées ». Cette enquête alourdit le dossier Assu 2000, au Maroc et en France.

A Tanger, le procès de huit autres collaborateurs, à plusieurs reprises reporté, doit reprendre le 7 novembre, notamment pour traite d’êtres humains et harcèlement sexuel de 2018 à 2022. A Paris, des investigations ont été lancées par une plainte en mars 2022. Jacques Bouthier, ancien PDG d’Assu 2000 et l’une des 500 premières fortunes de France, est mis en examen depuis mai 2022 pour traite d’êtres humains et viols sur mineure notamment. D’abord écroué, il est aujourd’hui sous contrôle judiciaire pour raisons médicales.

L’ex-PDG est aussi soupçonné d’avoir voulu mettre sur pied une équipe pour forcer à quitter la France la femme qui l’accuse notamment de viols. Sept autres personnes sont mises en examen, dont son épouse et un ancien membre du GIGN (groupe d’intervention de la gendarmerie nationale). En décembre 2022, devant les magistrats instructeurs, M. Bouthier a seulement reconnu des relations sexuelles tarifées consenties avec la plaignante, qu’il affirme avoir cru majeure, d’après des éléments judiciaires dont l’AFP a eu connaissance. Le septuagénaire fait également l’objet d’investigations à Paris pour harcèlement sexuel.

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