Santé : La mutualité française prône une revalorisation du secteur 1

Le président de la Mutualité française Etienne Caniard a estimé jeudi qu’il fallait revaloriser les actes des médecins appliquant les tarifs de la Sécurité sociale, dans le cadre des négociations qui vont s’engager sur les dépassements d’honoraires.

« Il faut d’abord revaloriser les tarifs des médecins qui exercent en secteur 1, appliquant les tarifs de la Sécurité sociale », a souligné M. Caniard dans un entretien au quotidien économique Les Echos.

« Il s’agit des trois quarts des praticiens, ils ne doivent pas être pris en otage par une minorité qui abuse du système. La Mutualité ne signera pas d’accord qui les laisse au bord du chemin », a prévenu le président de la Mutualité française qui regroupe la quasi totalité des mutuelles, environ 600.

M. Caniard souhaite également un rapprochement « vers les tarifs du secteur 1 pour permettre un retour à terme à des tarifs remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles ».

Il préconise une « prise en charge totale par la Sécurité sociale et les complémentaires des actes effectués dans le respect du parcours de soins » et la mise en place du « tiers payant intégral pour les patients, qui n’auraient plus à faire l’avance des frais ».

Mais selon lui, « les marges de manoeuvre sont faibles pour la Sécurité sociale comme pour les complémentaires qui remboursent déjà le tiers des 2,4 Mds d’euros de dépassements ».

“Si les mutuelles améliorent la prise en charge, il faudra en échange que ces dépassements soient contenus. Sans quoi l’augmentation des tarifs des mutuelles qui en découlerait menacerait l’accès aux complémentaires des plus fragiles”, a-t-il ajouté.

Des négociations doivent s’ouvrir le 25 juillet entre l’assurance maladie, les syndicats de médecins et les complémentaires (assurances, mutuelles, instituts de prévoyance) pour « encadrer » les dépassements d’honoraires en secteur 2 (honoraires libres), selon le voeu du gouvernement.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré jeudi sur Europe 1 ne pas être « sûre que l’enjeu soit une revalorisation générale des tarifs » du secteur 1.

Paris, 12 juillet 2012 (AFP)