Risques climatiques : L’ACPR pointe le manque d’harmonisation

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Les institutions financières françaises ont progressé dans la prise en compte et la gestion des risques associés au changement climatique, estime le superviseur français dans une étude publiée mercredi, qui pointe toutefois un manque d’harmonisation des pratiques en la matière.

“De façon générale, on observe des progrès dans la prise en compte du risque climatique au niveau de la stratégie des groupes bancaires, assortis pour certains par des engagements de désinvestissement vis-à-vis de certaines filières très émettrices de gaz à effet de serre”, pointe ce rapport de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Cette évolution est la conséquence directe de l’Accord de Paris sur le climat. Ce texte, signé fin 2015, vise à contenir le réchauffement mondial sous les +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. À titre d’exemple, certains établissements considérés comme “avancés” ont
notamment commencé à développer un certain nombre d’indicateurs destinés à piloter la réduction de la teneur en carbone, et plus particulièrement en CO2, de leurs portefeuilles d’investissements.

Par ailleurs, l’étude constate que la perception du risque climatique a changé au sein des banques et des assurances françaises. Essentiellement perçu comme une menace pour leur réputation il y encore cinq ans, le changement climatique est désormais également appréhendé sous l’angle des risques physiques, de ceux liés à la transition économique et énergétique ou encore des risques de responsabilité.

“On note une prise en compte croissante du risque climatique par les directions des risques des grands groupes, au-delà des fonctions RSE (Responsabilité sociale et environnementale, NDLR)”, explique l’ACPR. Pour autant, “les progrès constatés sont cependant hétérogènes”, tout particulièrement en ce qui concerne la collecte des données, ajoute le superviseur financier français.

“On relève que les organismes d’assurances, au-delà des risques figurant à l’actif de leur bilan, ont développé, pour les besoins de leur métier, des mesures très fines de la localisation des personnes et des biens assurés. (…) Par contraste, les données collectées par les banques apparaissent généralement insuffisamment granulaires, en particulier en ce qui concerne leurs expositions géographiques”, détaille le rapport.

En outre, le risque de responsabilité, qui correspond aux dommages et intérêts qu’une personne morale devrait payer si elle était jugée responsable du réchauffement climatique, n’est pas encore bien analysé par les institutions financières françaises. “Cette situation n’est pas satisfaisante, compte tenu du nombre croissant de recours observés au niveau international et du fait que ce risque peut également être un catalyseur du risque de transition”, affirme l’ACPR, qui compte poursuivre les travaux d’analyse pour faire progresser encore la prise en compte de ces risques par le secteur financier.