Résultats 2019 S1 : Un premier semestre “contrasté” pour le groupe Aviva

Maurice Tulloch, directeur général du groupe Aviva

L’assureur britannique Aviva laisse la porte ouverte à une vente de ses activités asiatiques dans le cadre d’une refonte de sa stratégie et dans la foulée de résultats semestriels contrastés entre incertitude politique et ralentissement économique en Europe.

Aviva est en pleine transformation depuis l’arrivée en mars au poste de directeur général de Maurice Tulloch qui cherche à simplifier le fonctionnement du groupe, via notamment des suppressions d’emplois, tout en voulant davantage récompenser les actionnaires. Le groupe envisage désormais de céder des actifs, selon un communiqué publié jeudi à l’occasion des résultats du premier semestre.

“Je travaille avec le conseil d’administration pour relancer la stratégie d’Aviva et nous avons décidé d’examiner les options stratégiques pour nos activités asiatiques”, explique M. Tulloch, suggérant une possible cession même s’il ne l’évoque pas précisément. Aviva a pris cette décision afin de pouvoir tirer profit de ces activités dont les performances financières sont en amélioration ces dernières années.

L’agence Bloomberg révélait la semaine dernière que le groupe entendait vendre d’ici la fin de l’année ses activités en Asie qui pourraient être valorisées autour de 3 à 4 milliards de dollars. L’assureur britannique “a de solides fondations mais nous devons faire plus pour améliorer nos performances”, prévient le directeur général.

Le groupe est déjà engagé dans un programme d’économies permettant de réduire ses dépenses de 300 millions par an d’ici 2022, via la suppression de 6% de ses affectifs, soit 1.800 emplois. Le nouveau patron a également décidé de mettre en place deux entités distinctes pour ses activités d’assurance vie et celle d’assurance dommages au Royaume-Uni. L’annonce concernant les activités asiatiques a été faite lors de la publication de résultats qualifiés de “constratés” pour le premier semestre par M. Tulloch.

Certes le bénéfice net a plus que triplé à 1,116 milliard de livres, mais le bénéfice opérationnel hors éléments exceptionnels, qui donne une idée des performances de l’activité même du groupe, n’a progressé que 1% à 1,448 milliard. La branche d’assurance dommages a vu sa rentabilité nettement progresser, avec une hausse des primes en particulier auprès des entreprises au Royaume-Uni et au Canada.

En revanche, l’assurance vie et la gestion d’actifs ont souffert au cours des six premiers mois de l’année. Aviva a été pénalisé en particulier par un mauvais début d’année pour les marchés boursiers, la baisse des taux obligataires et une confiance chancelante des investisseurs. Le groupe s’attend d’ailleurs à ce que l’incertitude politique, sur fond de Brexit, et économique avec une croissance ralentie en Europe et au Royaume-Uni, perdure au second semestre.