Moody’s annonce une perspective négative pour le secteur en 2010-2011

Le secteur de l’assurance en France a bien traversé la crise, mais il pourrait souffrir en 2010-2011 en raison d’une demande en baisse, d’une “rentabilité opérationnelle sous pression” et d’une exposition aux risques toujours importante, a expliqué lundi l’agence Moody’s.

La demande d’assurance non-vie risque de pâtir de la baisse probable du pouvoir d’achat des ménages et de la diminution du chiffre d’affaires des entreprises, a expliqué Benjamin Serra, analyste au sein de l’agence de notation Moody’s, au cours d’une conférence organisée par l’agence.

Moody’s voit aussi la demande pour l’assurance vie décliner à long terme, surtout sur le segment des placements dits en “unité de compte”, les plus risqués. “La chômage va affecter la capacité d’épargne” des Français, a précisé M. Serra.

Cette baisse de la demande va contribuer parmi d’autres éléments à mettre la rentabilité opérationnelle “sous pression”.

En vie comme en non-vie, la concurrence accrue entre les établissements et la dégradation du rendement des produits financiers vont raboter les marges.

Le secteur “vie” va de plus pâtir d’un engouement plus grand pour les contrats “en euros”, aux détriments des contrats “en unités de compte” (ces derniers étant plus rentables).

En non-vie, la sinistralité va augmenter du fait d’une hausse des fraudes, des catastrophes naturelles, et des montants de plus en plus importants accordés par les tribunaux en cas d’accidents corporels automobiles.

Cette détérioration de la rentabilité opérationnelle des assureurs va peser sur leur capacité à reconstituer leur capital, souligne Moody’s.

Leur exposition aux risques reste dans le même temps élevée, particulièrement le risque de dévalorisation des portefeuilles d’action.

Paris, 7 déc 2009 (AFP)