Mediator : Servier ne déplore pas de conséquence sur ses ventes

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Selon une porte-parole de Servier qui s’exprime dans une interview accordée à l’Usine Nouvelle, l’affaire du Mediator n’a pas ébranlé les comptes des laboratoires qui réalisent la plupart de leur chiffre d’affaires à l’étranger.

A la « tromperie aggravée » et aux « homicides et blessures involontaires », l’escroquerie au préjudice de la Sécurité sociale et des mutuelles devrait bientôt s’ajouter aux chefs d’accusation contre le fabricant du Mediator par le parquet de Paris. Le montant des indemnités pourraient s’élever au milliard d’euros.

Et pourtant, selon Lucy Vincent, directrice générale des affaires extérieures de Servier, l’entreprise dont « quasi 90% de produits princeps sont consommés à l’étranger » où Servier réalise « 75% de |son] chiffre d’affaires », demeure « extrêmement solide ».

Pas d’impact sur les ventes, donc, selon les laboratoires, suite à « une histoire assez franco-française ». « Et même en France, nous sommes à la base une entreprise extrêmement sérieuse: nos molécules sont mises à l’épreuve tous les jours par les patients et les médecins ».

Servier « n’a pas de stratégie prédéfinie »

La directrice des affaires extérieures de Servier estime par ailleurs que dans l’affaire du Mediator, les choses auraient été différentes si le laboratoire avait été une entreprise cotée. « C’est paradoxal, mais notre indépendance nous a rendus vulnérables. Il n’y aurait pas pu avoir de conférence de presse de l’Afssaps pour une société cotée. »

Quant aux dommages que le groupe pourrait être amené à verser, Mme Vincent indique qu’ « il faut attendre le procès avant de parler d’amendes éventuelles. » Servier n’a « pas de stratégie prédéfinie », précise-t-elle, « il faut voir au cas par cas. Chaque cas est différent, nous allons répondre à chacun. »