LPS : Gefion sommé de ne plus élargir son portefeuille

L’autorité de supervision financière danoise vient d’ordonner à l’assureur Gefion de ne plus augmenter son volume d’affaires. Dans le viseur des régulateurs depuis plusieurs mois, la compagnie, qui opère notamment en France en LPS, enregistre un ratio de solvabilité en deçà des minima requis.

Dans une décision datée de la semaine dernière et mise en lumière par le blog spécialisé Insurwatch, la DFSA (Danish Financial Supervisory Authority) indique avoir ordonné à la compagnie Gefion de ne plus augmenter son volume d’affaires. «  L’entreprise ne doit pas enregistrer de chiffre d’affaires brut 2019 supérieur à celui de 2018 et ne doit pas lancer d’activités dans d’autres pays que ceux où elle opère aujourd’hui », explique le superviseur.

Gefion, qui porte des risques dommages en Europe (Danemark, Angleterre, Irlande, Allemagne, Italie, Pologne) est également présent en France via le mécanisme de la Libre prestation de services (LPS). Positionné sur l’automobile, l’assureur est distribué par l’intermédiaire de quatre courtiers (Transconseil Assurances, Eurodommages, Pilliot et Escap). « Cette décision est valable jusqu’à ce que la société dispose de fonds suffisants pour couvrir le capital de solvabilité requis », poursuit la DFSA.

SCR trop faible

Dans le viseur des autorités depuis les déboires de Qudos fin 2018, Gefion a fait l’objet ces derniers mois de plusieurs contrôles, notamment sur ses pratiques commerciales, ses systèmes de gestion ou encore ses projections financières. Mais c’est la solvabilité de l’assureur qui a alarmé le gendarme danois.

Après avoir déclaré un ratio de solvabilité à 130% fin mai 2019, Gefion a dû revoir cet indicateur à la baisse, la DFSA ayant recalculé son SCR à 105%. Face à la situation, le superviseur, qui a considéré que Gefion Insurance ne disposait pas des fonds propres suffisants pour couvrir le capital de solvabilité requis, a imposé à la compagnie plusieurs mesures dont une recapitalisation de près de 39,2M de couronnes danoises et un réajustement des montants recouvrables au titre des contrats de réassurance.

Sur son site internet l’assureur se défend. La décision de la DFSA d’imposer une recapitalisation « fera passer le SCR de Gefion Insurance sous la barre des 100%, alors qu’il n’affectera pas notre MCR (capital minimum requis). À court terme, nous prenons des mesures immédiates pour recapitaliser Gefion Insurance et rétablir un SCR supérieur à 100. Cela comprend des discussions avec les actionnaires existants et d’autres fournisseurs de capitaux ».

La sous-traitance sous surveillance

Au-delà de la dérive de son SCR, Gefion a également fait l’objet d’un suivi de la sous-traitance de ses activités. « Lors de l’inspection, le système de gestion de l’entreprise a été revu, notamment en ce qui concerne le contrôle des activités sous-traitées. L’Autorité de supervision financière danoise a estimé que la société ne disposait pas du contrôle nécessaire sur ses agents externes et ses gestionnaires de sinistres et que la société ne disposait pas d’une fonction de conformité, de gestion des risques et d’audit interne suffisamment efficace. Dans l’ensemble, la DFSA a estimé que la société ne disposait pas d’une gouvernance d’entreprise efficace », indique par ailleurs le superviseur.

De son côté l’assureur ne décolère pas. « Gefion est en ferme désaccord avec la décision d’imposer une recapitalisation et prendra les mesures nécessaires pour faire appel de cette décision. La plupart des décisions et griefs concernant notre structure de gouvernance ont déjà été traitées ou sont en cours de traitement ». Et la compagnie de conclure : « Il est important de souligner que cette décision n’empêche pas Gefion Insurance de continuer à échanger avec des partenaires et à souscrire des risques d’assurance ».