Interview : “L’année 2013 sera encore pleine d’incertitudes” pour Nicolas Schimel, DG d’Aviva France

A l’occasion de la publication des résultats du groupe Aviva, Nicolas Schimel, directeur général d’Aviva France revient sur la stratégie de la filiale française de l’assureur britannique.

Quels ont été vos résultats pour 2012 ?
Nos résultats sont dominés par deux caractéristiques. En assurances de dommages (avc santé, ndlr), nous avons connu une croissance rentable soutenue. C’est la troisième année que nous connaissons cette tendance. En assurance-vie, nous avons eu une bonne résistance à la fois en volume et en capacité bénéficiaire notamment en ce qui concerne les volumes, par rapport au marché.

Quelle a été votre collecte nette en assurance-vie ?

En 2012, la collecte nette d’Aviva France a été négative, d’environ 900 millions d’euros. Il y a deux composantes pour lesquelles nous performons mieux que le marché. Nos flux entrants sont en recul de 4% ce qui est mieux que celui du marché. En ce qui concerne les sorties, elles sont en légère augmentation mais notre taux de rachats est plutôt meilleur que le marché. Nous avons deux performances plutôt meilleures mais nous sommes en décollecte. Nos encours sont en hausse de 3% à la fois parce que la partie euro est revalorisée avec notre participation aux bénéfices, qui est plutôt en hausse, et aussi parce que les unités de compte, qui représentent une part importante de nos encours, ont très bien performé cette année et ont tiré vers le haut cette partie.

Le produit “assurance-vie” pourrait-il changer ?

Le contexte de l’assurance-vie en France nous influence évidemment. Un produit comme celui de l’Afer fait que nous subissons à la hausse comme à la baisse les mouvements du marché. Nous constatons que cette année a été un peu troublée, en première partie de l’année par les marchés financiers et globalement sur le contexte fiscal. Notre avis est que 2013 restera avec des hauts et des bas, avec encore des incertitudes sur le plan fiscal. Globalement notre stratégie ne va pas bouger puisqu’elle consiste, sur la base de fonds euros qui sont solides et reconnus, à proposer à nos clients et à nos partenaires d’aller vers plus de diversifications notamment grâce aux unités de compte, que ce soient celles qui ont existé dans le passé et ont bien performé ou de nouvelles unités de compte. Nous avons d’ailleurs assez bien réussi sur ce plan en fin d’année dernière. La stratégie ne changera pas, même si les éléments que l’on voit sont nouveaux, mais les encours augmentent et ce sont eux les principaux moteurs de la rentabilité. Et ce mouvement a commencé à s’infléchir dès le dernier trimestre 2012 pour Aviva France.

Comment se porte votre collecte en ce début d’année ?
Janvier et février montrent plutôt des tendances positives que l’on prend avec une double prudence parce qu’une partie de début 2013 est un effet reporté de la fin d’année 2012. Même si les épargnants retournent vers l’assurance-vie, nous sommes persuadés que l’année sera encore pleine d’incertitudes. Il faut rester sur des valeurs de long terme, celles de solidité et de diversification, plutôt que penser qu’un petit changement d’humeur va changer la face du marché.

En 2012, votre branche non-vie a-t-elle été rentable ?

La diversification est importante pour un assureur dans l’ensemble de son business. Pour Aviva en France, le premier marché est l’assurance-vie mais nous sommes un acteur significatif également en dommages. Nous avons eu le plaisir d’avoir une croissance de notre chiffres d’affaires, une croissance de nos clients et de nos contrats, avec un faible taux de résiliation et une très bonne tenue de nos résultats techniques. Il faut en donner le crédit à nos réseaux de distribution et essentiellement à notre réseaux d’agents qui est à la fois dynamique et techniquement solide. Nous avons la double satisfaction d’avoir plus d’agents généraux actifs et une diversification plus importante vers le monde des professionnels et des petites entreprises. Nous devons également nos résultats au bon dynamisme d’Eurofil, notre activité d’assurance directe, qui n’explose pas mais connaît une croissance régulière années après années.

Quelle va être votre stratégie pour 2013 ?

Aviva France est un acteur qui se caractérise par une bonne rentabilité et une bonne efficacité. Nous sommes dans un monde qui bouge beaucoup donc il faut faire des efforts en permanence pour continuer à être parmi les meilleurs en efficacité. Nous avons beaucoup de travail sur ce sujet pour continuer à optimiser nos différents modèles. D’autre part, la croissance rentable n’est pas un concept original mais il se trouve que nous le cultivons depuis plusieurs années donc nous allons continuer dans ce sens avec, en ce qui concerne l’assurance non vie, le souhait de développer notre réseau d’agents généraux notamment dans le domaine des professionnels et des petites entreprises. Nous envisageons également une ouverture à une petite partie d’activité de courtage et le développement de notre filiale Eurofil. En ce qui concerne l’assurance-vie, le principal vecteur de la croissance rentable c’est la bonne maitrise du mix produit. Il se trouve que la diversification vers les UC est un phénomène que le marché et nos clients souhaitent développer, y compris la clientèle de l’Afer donc nous allons avancer en ce sens là. En prévoyance, Aviva est un acteur important, soit à travers ses réseaux traditionnels soit via le direct et la part de prévoyance doit continuer à croitre à travers le mix-produit. Pour la vie, c’est beaucoup à travers le mix produit que nous allons piloter cette croissance rentable et nous pensons avoir cette année plutôt un marché qui oriente les volumes à la hausse.