Geronzi devrait remplacer Bernheim à la présidence de Generali, Bolloré serait vice-président

Le président de la banque d’affaires italienne Mediobanca, Cesare Geronzi, devrait remplacer Antoine Bernheim à la présidence de l’assureur italien Generali tandis que Vincent Bolloré serait nommé vice-président, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

A l’issue de la réunion de son comité de nomination, Mediobanca a indiqué dans un court communiqué que le processus de désignation du nouveau conseil d’administration de Generali serait conclu “d’ici le milieu de la semaine prochaine en concomitance avec une réunion du pacte d’actionnaires” de la banque.

Mediobanca, qui est le premier actionnaire de Generali avec 14,7% et a le pouvoir de nommer presque tous les administrateurs de l’assureur à l’exception de deux qui sont désignés par les actionnaires minoritaires, n’a donné aucun autre détail.

Mais la convocation de cette réunion du pacte d’actionnaires a pour but de désigner un nouveau président pour la banque, ce qui signifie donc que l’actuel président Cesare Geronzi va prendre la présidence de Generali en remplacement du Français Antoine Bernheim, a expliqué cette source proche du dossier.

M. Bernheim ne quittera pas totalement le groupe puisqu’il devrait devenir président honoraire de Generali, selon une autre source proche du dossier.

Considéré comme l’un des grands ordonnateurs de la finance italienne, disposant de solides réseaux politiques, M. Geronzi, 75 ans, a été président de la banque Capitalia avant sa fusion avec UniCredit en 2007. A ce titre, il s’est retrouvé impliqué dans plusieurs affaires de faillite dont celle du groupe agroalimentaire Parmalat, pour laquelle il est actuellement jugé.

Agé de 85 ans, Antoine Bernheim quittera donc la présidence de l’assureur qu’il occupait depuis 2002 après l’avoir déjà exercée de 1995 à 1999.

Toujours selon la source proche du dossier, l’homme d’affaires Vincent Bolloré, qui est un proche de M. Bernheim, devrait prendre de son côté la vice-présidence du groupe d’assurances.

M. Bolloré, qui détient 5% de Mediobanca et est le chef de file des actionnaires français au sein de la banque, était entré dans le capital de Mediobanca pour reporter M. Bernheim à la présidence de Generali en 2002.

Alors que le flou dominait dans la journée, M. Geronzi semblant faire face à l’opposition de l’administrateur délégué de Mediobanca Alberto Nagel et du directeur général Renato Pagliaro et l’hypothèse d’une prolongation temporaire de M. Bernheim ayant ressurgi, cet accord apparaît comme un compromis entre tous les intérêts en présence.

Selon la presse, MM. Nagel et Pagliaro avaient initialement appuyé la candidature de Giovanni Perissinotto, l’un des deux directeurs généraux de Generali, pour barrer la route à M. Geronzi. En quittant le siège de Mediobanca, M. Bolloré a souligné que l’accord avait été scellé à “l’unanimité” mais n’a donné aucun détail.

Formellement, la nomination pour trois ans des candidats au conseil d’administration de Generali devra être approuvée par l’assemblée générale du 24 avril et c’est ensuite le conseil qui élira son président et son vice-président.

Le poste de président de Generali est hautement stratégique en Italie, le “Lion de Trieste” détenant notamment 5% de la banque Intesa Sanpaolo, 5,4% du groupe industriel Pirelli et étant un des actionnaires de contrôle de Telecom Italia.

Mais dans ce jeu de chaises musicales, Mediobanca va devoir désormais désigner un nouveau président pour remplacer M. Geronzi. Selon l’autre source proche du dossier, ce poste reviendrait à Renato Pagliaro.

Milan, 26 mars 2010 (AFP)