Dépendance : un défi de taille à relever d’ici 2040 (infographies)

La France vieillit. Et face à ce vieillissement se pose la question de la dépendance et de sa prise en charge. Le sujet pourrait devenir urgent, car en 2040, la France aura doublé son nombre de plus de 80 ans.

Depuis plusieurs années, les débats sur la prise en charge de la dépendance se multiplient sans aboutir à la mise en place de solutions globales et pérennes. Le projet de création d’un 5e risque au sein de la Sécurité sociale, un temps évoqué, est quant à lui toujours dans les cartons.

L’enjeu est pourtant crucial. D’ici à 2040, la population des plus de 80 ans va doubler selon les projections de l’Insee, imposant de trouver un système permettant de couvrir le risque de perte d’autonomie. Le secteur de l’assurance propose d’ores et déjà des contrats destinés à prendre en charge une partie des frais engendrés par la dépendance, notamment l’hébergement. Et attend de connaître les mesures précises pour se remettre sur le chemin de la conquête commerciale.

Selon les chiffres de la FFSA, le nombre de personnes couvertes par un contrat dépendance s’élevait à 1.715.900 en 2012 pour une rente moyenne de 584 euros par mois. Un chiffre qui pourrait s’avérer insuffisant au regard du budget à allouer pour les personnes touchées. Ce dernier se situe en effet dans une fourchette comprise entre 1.800 euros et 3.500 euros par mois selon que la personne a choisi le maintien à domicile ou le placement en établissement spécialisé.

Le financement certes, mais aussi l’accueil

Une somme importante pour des personnes qui touchent en moyenne 1200 euros de retraite mensuellement. Certes l’APA vient soulager les budgets. Pour autant, elle est prise en charge à 70% par les collectivités territoriales. Or dans le cadre des politiques de réductions de la dette publique ces dernières voient les dotations de l’Etat diminuer, alors que d’ici 15 ans, le coût de l’APA va doubler, passant de 5,5Mds d’euros aujourd’hui à 11,7Mds d’euros en 2040. Il leur deviendra alors difficile d’assumer ce coût, notamment dans certaines régions plus particulièrement touchées par le vieillissement de la population (voir carte).

Mais au-delà du financement de la perte d’autonomie, se pose également la question de l’accueil des personnes affectées. On compte actuellement en moyenne 9 lits pour 100 personnes âgées de plus de 75 ans en France en Ehpad. Un chiffre encore insuffisant. Dans certaines régions, il faut parfois attendre plusieurs mois pour bénéficier d’une place en établissement spécialisé pour des personnes atteintes de dépendance lourde, comme celle qu’engendre la maladie d’Alzheimer par exemple.

Synergies privé-public

Toutes structures confondues (maisons de retraites, logements-foyers, soins à domicile, ehpad, soins de longue durée), le taux d’équipement s’établit en moyenne à 116 places pour 1000 personnes de plus de 80 ans. Dans certaines régions comme la Corse (voir carte), le nombre de structures type ehpad devra doubler d’ici à 2040 pour simplement maintenir le taux d’accueil actuel.

Pour prendre en charge les quelque 10.380.354 personnes de plus de 75 ans, et tout particulièrement la frange de cette population en perte d’autonomie, il faudra surement jouer sur les synergies entre le secteur privé et le secteur public que ce soit dans la création de structures d’accueil ou dans la prise en charge financière. Dans l’avenir, les nouvelles technologies permettront en outre de maintenir à domicile des personnes qui jusque-là était orientées vers des structures d’accueil ne pouvant répondre positivement aux nombres de demandes d’hébergement. Encore faut-il que la machine soit enclenchée par les autorités pour mettre en place et en route un système viable et durable.