Dépendance : Le HCAAM préconise des incitations financières pour une meilleure coordination des professionnels

Le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM) préconise d’inciter financièrement les professionnels et structures qui interviennent auprès de la personne âgée à mieux se coordonner, pour mieux soigner et faire des économies.

“Une réalité s’impose : le cumul très fréquent des situations de poly-pathologie et de perte d’autonomie chez les personnes du grand âge”, écrit le HCAAM dans son projet de Contribution au débat sur la dépendance, selon une version provisoire dont l’AFP a obtenu copie jeudi. Il est donc “impératif” d’entrer dans le “cercle vertueux” d’une “meilleure coordination des interventions soignantes et sociales” autour de la personne âgée: hôpital, assistante sociale, médecin de ville, associations….

Toutes les études confirment que la prise en charge des personnes âgées, que le gouvernement veut réformer cette année, est extrêmement morcelée, ce qui a des conséquences financières, sociales et sanitaires. Par exemple, dit le Haut conseil, on pourrait “éviter les hospitalisations complètes inadéquates ou inutilement longues, qui sont génératrices de perte d’autonomie, en assurant, sous la responsabilité du médecin traitant et en lien avec les autres professionnels de ville la coordination d’une intervention soignante et sociale”.

En améliorant dans certaines régions l’accompagnement avant et après l’hôpital, on pourrait par exemple schématiquement réduire le nombre de journées d’hospitalisation et économiser deux milliards d’euros.

Le Haut conseil préconise donc de “faire évoluer les modes de rémunération de façon à ce qu’ils favorisent une pratique de soins coordonnés”. Il propose de mettre en place une dizaine de projets-pilotes sous l’égide des Agences régionales de santé, qui pourraient tester des “formes nouvelles d’+intéressement+” à un travail mieux coordonné.

En outre, le HCAAM a tenté de chiffrer les dépenses d’assurance-maladie consacrées aux personnes âgées dépendantes, une tâche très complexe puisque ce public n’est pas distingué dans les statistiques de l’assurance-maladie. Le conseil arrive à une fourchette basse de 9,2 milliards d’euros par an si l’on ne compte que les dépenses directement liées à la dépendance; et une fourchette haute de 19,2 milliards si l’on compte toutes les dépenses pour les personnes dépendantes même si elles ne sont pas liées à la dépendance.

Avec AFP