Courtage : Assor annonce une nouvelle stratégie avec l’arrivée d’un investisseur

    Assor abandonne la gestion IARD et santé qu’il assumait, semble-t-il, très difficilement. La priorité est donnée à la sauvegarde de l’emploi, selon le courtier.

    Après de nombreuses inquiétudes et rumeurs pesant sur la pérennité d’Assor, le courtier se dit décidé à reprendre les commandes et à rectifier le tir. Le groupe présidé par Stéphane Verdeil a fait savoir qu’il renonçait d’abord à toute velléité de PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). “Assor s’engage à maintenir tous les emplois qui pouvaient être menacés à Paris et en Province (Monteux)”, affirme-t-on de source syndicale. FO et la CGT avaient déjà lancé un appel à la manifestation le 26 février.

    En outre, la direction indique qu’elle abandonne ses activités de gestion IARD (ce, depuis 2011) et la gestion santé (depuis 2012) pour se concentrer uniquement sur la distribution et la commercialisation. Assor travaillera d’abord avec Covea (Maaf, MMA, GMF), ACM et la Mutuelle des Motards. Elle renvoie la gestion de sinistres à Allianz et Axa, pour qui elle assurait auparavant ces services. Pour relancer sa stratégie, Assor dit bénéficier du soutien d’un nouvel investisseur mais ne souhaite pas communiquer son nom.

    Un nouvel investisseur

    D’après Assor, la situation financière, auditée par un cabinet indépendant, se serait améliorée en 2011 et 2012. L’endettement serait passé de 47,8M d’euros fin 2011 à 34,4M d’euros en 2012. Les fonds propres de la société détenue par Assor Holding atteindraient 16M d’euros à la fin de l’année.

    En 2009, Assor a racheté le portefeuille du département assurance particulier de Gras Savoye, en 2010 il rachète le courtier spécialisé dans la santé Assurema, et en 2012, il acquiert le portefeuille de Mascotte assurances, spécialisé dans le véhicule de collection.

    Plan de risques psycho-sociaux

    Dans un courrier adressé à la CSCA (chambre syndicale des courtiers d’assurances), du 14 février, Stéphane Verdeil, admettait “qu’à la suite du changement de stratégie de son principal fournisseur en assurance santé en 2012, Assor avait connu d’importantes difficultés” et que ses actionnaires se souciaient de “pérenniser sa situation économique”. En septembre 2012, le courtier a mis en place “un plan de risques psycho-sociaux” et une aide psychologique avec un numéro vert pour ses salariés.

    Du côté des clients et de ses courtiers, un rapide coup d’œil sur Internet, les forums et les réseaux sociaux permet de voir à quel point nombre de consommateurs sont exaspérés des retards dans le versement des prestations, de serveurs téléphoniques injoignables, de mauvaise volonté dans le traitement des sinistres ou encore la résiliation des contrats, de la désorganisation des services internes… Selon nos informations, l’Orias a reçu beaucoup de courriers et missives de la part d’assurés contrariés de ne pas avoir été indemnisés, tout comme l’ACP (Autorité de contrôle prudentiel) qui refuse de commenter un dossier qu’elle indique instruire.

    Courtier intégré ?

    Le revirement de stratégie d’Assor semble pourtant très récent et inattendu puisque dans un blog publié le 14 janvier dernier, Stéphane Verdeil indiquait pouvoir prétendre depuis 2001, à une “réussite entrepreneuriale (…) qui pouvait étonner. Voire gêner.”

    L’entrepreneur souligne que les “200 emplois créés, 230.000 clients auxquels elle rembourse 3,6M d’euros par mois et (…) les 50M d’euros de chiffre d’affaires”, ne tiennent pas du “miracle”, mais notamment “du choix d’une stratégie pertinente (…) qui n’a pas varié depuis 2001 et nos choix d’hier restent ceux d’aujourd’hui : s’installer comme courtier intégrateur, c’est-à-dire fabriquer, distribuer, gérer ; ne jamais dépendre d’un trop gros client”.

    Pour Assor, il faut aussi “oser des opérations de croissance externe soit très ciblées, comme celle du spécialiste Mascotte Assurances pour les véhicules de collection, soit structurantes comme celle d’une branche de Gras Savoye qui faisait alors trois fois notre taille”.

    Aujourd’hui, le groupe déclare ne pas préparer d’acquisitions. La direction dit également changer de braquet et se réorienter progressivement vers la vente pure. Les assureurs (AXA et Allianz) reprendront “naturellement”, la gestion des dossiers des clients.