Chronique : L’innovation en assurance se donne rendez-vous à Amsterdam

Organisé du 25 au 27 juin 2019, et fréquenté par plus de 1300 personnes venues de toute l’Europe, DIA Amsterdam s’impose comme l’un des événements majeurs de l’innovation en assurance en Europe. Joël Bassani, fondateur de Jinnbee nous livre les points clés à retenir du 1er jour de l’événement.

Une journée sous le signe des échanges

3 salles en parallèle et 9 moments de présentation ! Cette 1ère journée s’annonçait chargée et passionnante ! Impossible de voir tout le monde, il faut choisir. Pour ma part j’arbitre sur mes sujets du moment : télématique et gestion de sinistres.

Un conquérant sur la réserve

Daniel Schreiber, le charismatique PDG de Lemonade qui se met à la conquête de l’Europe (à commencer par l’Allemagne, la France étant probablement le pays suivant) était présent. Au vu de la salle comble, il était attendu pour donner des éléments autour de sa stratégie pour l’Europe. Il a globalement déçu ! Il a certes donné sa vision d’un monde l’assurance voué à se transformer à un rythme exponentiel, mais n’en dira pas plus sur le rôle qu’il compte jouer là-dedans. Le fait qu’il vienne en Europe avant d’avoir pu ouvrir tous les états aux Etats-Unis traduit également ses difficultés.

Des insurtechs aux offres matures

Les insurtechs qui ont eu la possibilité de présenter sont des acteurs déjà souvent matures et qui pour certains n’ont plus de startups ou d’insurtechs que le nom. En effet, un Cambridge Mobile Telematics par exemple, a déjà 10 ans, plus de 500m $ levés aux Etats-Unis et travaille avec plus de 30 assureurs dans 20 pays.

De plus, la manière dont sont présentés les sujets montre que la transformation s’oriente désormais vers une dimension d’uniformisation mondiale. Ainsi, les discours ne sont pas adaptés à un contexte spécifique d’un pays. C’est le cas notamment des propositions autour de la télématique, théoriquement vraies, fondées sur des acquisitions à coup de bons Amazon ou starbucks sur fond de loss ratio à 60%. C’est toutefois, en pratique, impossible à déployer en l’état en France par exemple.

Par conséquent, la porte est ouverte à des expérimentations globales avant de dépasser les contraintes (notamment réglementaires) locales.

Des partenariats pour accélérer

Différents types de partenariats ont été présentés sous forme de retour d’expérience :

  • partenariats entre des incubateurs et des startups, pour accélérer le développement;
  • partenariats entre grands groupes et startups, pour trouver des opportunités de transformation.

Tous ne marchent (ou ne marcheront) pas, mais cette démarche et cette accélération sont pertinentes. On les connait aussi sous l’expression « try fast, fail fast » (essayer rapidement, échouer rapidement).

Que faut-il retenir de cette 1ère journée ?

La transformation de l’assurance est en cours et se fera, avec ou sans les assureurs. Ceux présents aujourd’hui l’ont perçu, le monde n’attendra pas que l’on se lamente sur une DSI qui traine des pieds ou une réglementation trop protectrice. Le monde avance, et il s’agit de prendre le train en marche ou décider de rester sur le quai.