Barack Obama veut enclencher la vitesse supérieure dans la réforme du système de santé

    Barack Obama a mis la pression sur le Congrès américain mercredi en réclamant qu’il agisse d’urgence pour réformer le système santé, une entreprise qui est l’une de ses grandes priorités, mais sur laquelle ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

    Au moment où les deux chambres du parlement annonçaient des progrès vers une législation et faisaient mentir des doutes grandissants sur les chances d’une telle réforme, M. Obama les a pressées d’adopter d’ici à début août les versions initiales d’un texte transformant un système qui est l’un des plus chers au monde et l’un des moins performants des pays industrialisés.

    Les amis démocrates de M. Obama à la Chambre des représentants ont présenté leurs plans mardi. Mercredi, c’est une commission du Sénat qui a avancé les siens. “Ces progrès nous font espérer, mais ils ne doivent pas nous rendre complaisants. Ils doivent au contraire inspirer à la Chambre et au Sénat le sens de l’urgence qu’il y a à finir ce travail essentiel de réforme de la santé avant les vacances d’août”, a dit M. Obama à la Maison Blanche. “Il est temps de ranimer les ardeurs, du Congrès, de cette administration, de tout le gouvernement fédéral”, a-t-il dit.

    La tâche serait loin d’être achevée avec l’adoption d’un texte dans chacune des deux chambres. Celles-ci devraient encore s’entendre sur une loi unique. L’objectif de M. Obama est une adoption définitive cette année, et il investit son capital politique dans cette affaire, conscient que la tâche serait encore plus ardue, sinon impossible, après 2009.

    M. Obama veut étendre la couverture santé aux 46 millions d’Américains qui en seraient dépourvus (environ 15% de la population). Il veut réduire des dépenses de santé qui, au rythme actuel, absorberont dans dix ans un cinquième de la richesse nationale selon lui, pour des prestations en dégradation constante.

    Il se heurte à l’opposition farouche de ses adversaires républicains. Ces derniers dénoncent une socialisation de la santé. Ils s’inquiètent du coût de la réforme à un moment où les Etats-Unis accusent déjà des déficits records. Les projets des démocrates sont destructeurs d’emplois, ajoutent-ils.

    En l’état actuel, ces projets imposeraient à tous les Américains d’avoir une couverture médicale, ils aideraient ceux qui ne peuvent se la payer, ils exigeraient aussi de la plupart des entreprises qu’elles paient pour la couverture de leurs employés, faute de quoi elles devraient acquitter des frais. Ils créeraient une assurance médicale publique, concurrençant les privées et réduisant donc les coûts. Ils interdiraient aux assureurs de refuser une couverture santé à quiconque en raison de ses antécédents médicaux.

    Dans les projets des démocrates à la Chambre, le coût de la réforme, communément chiffré à 1.000 milliards de dollars, serait assuré par des économies sur les programmes de santé, mais aussi, pour environ la moitié, par une nouvelle taxe qui frapperait les contribuables les plus riches et qui irait jusqu’à 5,4% de leurs revenus.

    La question du financement, qui divise démocrates et républicains, risque cependant de devenir un sujet de querelle intestine entre démocrates à la Chambre et au Sénat.

    M. Obama dénonce systématiquement un système dans lequel des foules d’Américains sont poussés à la faillite par leurs frais médicaux, où des entreprises sont forcées de licencier à cause du prix de la couverture de leurs salariés et où l’Etat risque de devoir bientôt payer autant pour couvrir les personnes âgées et les handicapés que pour la défense du pays.

    Le système américain est pour une grande part entre des mains privées. Les Américains qui ont une assurance maladie l’ont pour la plupart contractée eux-mêmes ou la tiennent de leur employeur (privé ou public). Mais des programmes gouvernementaux couvrent certaines catégories.

    AFP