Assurance plateforme pétrolière : Le projet de Munich Re éveillent l’intérêt de la concurrence

    Les réassureurs Swiss Re et Hannover Re se sont dits intéressés lundi par le projet de couverture des plateformes pétrolières présenté dimanche par leur concurrent Munich Re, qui permettrait d’indemniser les dégâts causés par un sinistre jusqu’à 20 milliards de dollars.

    Munich Re a dévoilé sa proposition lors d’un point presse en marge des Rendez-vous de septembre à Monaco, où se retrouvent assureurs et réassureurs pour commencer à négocier les renouvellements de contrats qui interviendront au début de l’année suivante. Celle-ci s’appuie sur l’exemple récent de la marée noire causée par la destruction, fin février, d’une plateforme opérée par le pétrolier britannique BP dans le golfe du Mexique.

    Munich Re estime que cette plateforme était assurée à hauteur d’environ 3 milliards de dollars, alors que la facture finale dépassera largement ce montant.

    A titre individuel, le réassureur allemand se dit prêt à couvrir 2 milliards de dollars par plateforme, sur les 20 milliards au maximum que prendraient en charge collectivement, assureurs et réassureurs.

    Cette couverture permettrait d’indemniser non pas les dégâts subis par la plate-forme elle-même mais les conséquences pour les tiers. “Nous soutenons l’idée d’offrir davantage de protection vis-à-vis des coûts liés à l’indemnisation des dommages causés”, a expliqué Jürgen Gräber, en charge de ces questions chez l’allemand Hannover Re.

    Même son de cloche chez le réassureur helvétique Swiss Re, qui a “de l’appétit pour ce genre de risque”, selon Brian Gray, le responsable de la souscription.

    Néanmoins, les deux concurrents de Munich Re ont émis des réserves quant à la faisabilité d’un tel projet s’il ne s’accompagne pas, pour les pétroliers, de l’obligation légale de s’assurer. “Il faut vérifier que les clients sont prêts à adhérer”, a suggéré le directeur général de Swiss Re, Stefan Lippe.

    “Seront-ils prêts à s’assurer à un coût plus élevé alors que jusqu’ici, ils refusaient de se couvrir parce qu’ils estimaient qu’avec les milliards de dollars qu’ils dégageaient, ils n’en avaient pas besoin”, s’est-il interrogé. C’était d’ailleurs le cas pour BP, qui n’était assuré que pour un faible montant, qui plus est auprès de sa propre compagnie d’assurance, Jupiter.

    M. Gräber a également souligné que si plusieurs grands réassureurs ont manifesté leur intérêt pour ce projet, “les assureurs directs n’ont pas encore fait part de leurs intentions”.

    Monaco, 14 septembre 2010 (AFP)