Assurance : Les syndicats insatisfaits de l’accord sur les salaires minima

Le quartier financier de la Défense concentre une bonne partie des sociétés d'assurance françaises.

Seulement la CFE-CGC et l’Unsa ont signé trois accords sur les rémunérations minimales de branche, proposés par France Assureurs. Les organisations syndicales espèrent une réouverture des négociations en septembre.

France Assureurs a signé trois accords de branche avec la CFE-CGC et l’Unsa sur les rémunérations minimales des entreprises de l’assurance. Ces deux organisations syndicales représentent environ 30% des salariés au niveau de la branche. Les autres quatre organisations syndicales représentatives (CFDT, la CFTC, CGT et FO) n’ont pas signé le document.

L’accord prévoit une augmentation de 5% pour le personnel administratif des classes 1 et 2 et les commerciaux de niveau 1 ; de 2,5% pour le personnel administratif des classes 3 à 5, les inspecteurs de classe 5 et les commerciaux de niveau 2 et de 1,8% pour le personnel administratif et les inspecteurs des classes 6 et 7.

CFDT comme CFE-CGC se disent satisfaits des revalorisations minimales obtenues pour les deux premières classes de salariés, mais signalent que seulement 4.000 salariés font partie de ces classifications et regrettent que la majorité des effectifs de la branche n’aient pas obtenu une revalorisation plus élevée.

« C’est la première fois depuis 20 ans que la CFDT ne signe pas l’accord de branche sur les rémunérations minimales annuelles (RMA)! », s’exclame Thierry Tisserand, secrétaire général de la fédération banque et assurance de la CFDT. Il regrette que France Assureurs n’ait pas accepté la dernière proposition de l’intersyndicale. “Nous attendions un effort supplémentaire de 0,5 point pour les classes 3 à 5 et de 0,2 point pour les classes 6 et 7”, explique-t-il.

Clause de revoyure

« Notre demande était de se voir en septembre pour, au regard de l’inflation, pouvoir réexaminer l’ensemble de la grille », explique Thierry Tisserand. Finalement, l’accord prévoit une “clause de réexamen” mais “en particulier sur les premiers niveaux de rémunération minima” et à condition que le Smic soit également augmenté en 2022. Malgré son désaccord, la CFDT, première organisation syndicale de la branche, ne va pas faire opposition.

Signataire du le texte, la CFE-CGC n’est pas satisfaite du résultat et espère que France Assureurs sera prête à revoir la copie en septembre pour l’ensemble des classifications. « Il y a une érosion du pouvoir d’achat pour tout le monde. Avec les prévisions de l’Insee d’une inflation à 7%, il conviendra de se revoir en septembre. Il faut se mettre autour de la table parce qu’il y a des turbulence géopolitiques et économiques et il pourrait y avoir également des turbulences sociales », prévient Francky Vincent, président de la fédération CFE-CGC de l’assurance.

Les organisations syndicales demandent que les efforts fournis pendant la crise par les salariés du secteur soient récompensés. Elles pointent les bénéfices record des entreprises du secteur en 2021 et réclament que la valeur soit davantage partagée entre les actionnaires et les salariés. Elles demandent l’ouverture des négociations dans toutes les entreprises d’assurance afin de renégocier les salaires, car « en début d’année, l’inflation était de 2 à 2,5% et aujourd’hui, elle est de 5% ».

Les tensions autour du pouvoir d’achat montent d’un cran dans les entreprises du secteur, comme le prouvent les mouvements sociaux chez Gan Groupama, AG2R La Mondiale, CNP Assurances ou le groupe Vyv. « A la rentrée, cela risque d’être agité, y compris dans nos secteurs », considère Thierry Tisserand qui cite l’accord conclu récemment dans le secteur des sociétés financières sur une revalorisation de 4,75% pour l’ensemble de la grille.

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