Les contrats “variable annuities” sont-ils une arme de reconquête pour l’assurance-vie ?

    Alors que la collecte d’assurance-vie montre des signes certains d’essoufflements, et ce depuis déjà quelques mois, et que certains observateurs appellent à plus d’innovation dans les produits notamment, le cas des variable annuities, produits à effet cliquet au nom barbare, représente-t-il l’avenir ?

    Avec plus d’1Md d’euros de collecte l’an dernier, les contrats « variable annuities » confirment leur bonne entrée dans le marché de l’assurance-vie. Et ils suscitent des espoirs auprès de nombreux professionnels, comme Christophe Eberlé, le président de la société d’actuaires conseil Optimind, qui leur prédit « un bel avenir car il s’agit tout simplement d’une garantie de revenus révisable uniquement à la hausse ».

    Face à des besoins de complément de retraite qui ne devraient cesser d’augmenter et alors que les rendements des fonds en euros semblent arrivés à un point bas, la cible de clientèle ne peut que s’élargir. Ces produits restent cependant des contrats à vocation patrimoniale, puisqu’ils sont en général alimentés par des primes uniques d’au moins 10 000 euros (chez Axa) et 30 000 euros (pour Allianz et AG2R La Mondiale).

    Équation gagnante

    Pour les assureurs, c’est une équation gagnante : ils assument une vraie garantie (le revenu ne peut jamais diminuer) tout en conduisant les assurés à diversifier leur épargne vers des unités de compte, moins consommatrices de fonds propres. Côté assurés, c’est la certitude d’empocher un revenu minimum de 3,5 à 4,5 % du capital apporté (selon l’âge et l’assureur), et beaucoup plus si les marchés financiers progressent fortement, tout en gardant leur capital disponible.

    Le poids des frais, bien réel, semble ne pas beaucoup peser face à cet espoir : ils s’élèvent de 0,5 à 3,1 % par an, selon les compagnies et les configurations, pour la seule garantie de revenus. Il faut encore ajouter les frais classiques d’un contrat multisupport. C’est donc un produit à forte marge pour les assureurs…

    L’offre reste néanmoins limitée, puisqu’à part quelques déclinaisons du contrat de La Mondiale dans l’univers de la gestion de patrimoine et d’Axa dans la banque privée, il ne reste toujours que trois sociétés sur ce créneau. « Le marché est encore en phase d’observation, explique Christophe Eberlé. Les assureurs ne trouvent pas aujourd’hui les garanties nécessaires pour proposer ces contrats, car il y a peu d’opérateurs et la mise au point technique demande du temps ».

    Mais que le marché croisse encore – sans crise financière majeure ! – et de nouveaux acteurs s’y lanceront. L’histoire ne fait certainement que commencer…

    Eric Leroux