La femme de l’assureur inconnu

    Qu’elles parviennent directement à grimper dans le fameux ascenseur social ou forcent les portes de l’escalier, les femmes font petit à petit leur nid dans l’assurance, et notamment les mutuelles.  

    Les Anne Lauvergeon et Christine Lagarde ne seront peut-être bientôt plus connues pour faire figures d’exception dans le secteur de la finance. Bien qu’elles restent peu représentées du côté des comités d’administration et encore moins dans les postes de direction générale, les femmes ont malgré tout une place de plus en importante dans le secteur de l’assurance.

    La première étape franchie, c’est la mixité atteinte de manière générale parmi les salariés de l’assurance. Il y a également une certaine volonté affichée de la part des entreprises de recruter des femmes. Il n’est pas rare de lire sur les communiqués de presse « Notre conseil d’administration se féminise ».  Les plus ironiques relèveraient que seul ce qui reste rare est remarquable. Mais soyons positifs.

    « Les entreprises du Cac40 y sont presque toutes parvenues »

    Tirant les autres vers le haut, « Les entreprises du Cac40 y sont presque toutes parvenues aujourd’hui, en tout cas pour ce qui est de la première étape de la loi sur la parité (20% de femmes dans les conseils d’administration d’ici 2014, NDLR) », explique madame Stéphane Pallez, seule PDGère du milieu, qui tient les  rênes de la Caisse centrale de réassurance. BNP Paribas, L’Oréal, LVMH ou Société Générale sont souvent citées comme modèles.

    Les entreprises cotées ont en effet très vite réagi à la loi, et beaucoup de femmes sont rentrées dans les Conseils d’administration lors des dernières Assemblées générales. « Il reste encore à l’appliquer dans beaucoup d’entreprises moyennes, pour qui ça reste un vrai défi », tempère Stéphane Pallez.

    Les mutuelles, fers de lance

    « Si l’on fait le parallèle entre assureurs et mutuelles, dans les mutuelles on trouve plus de parité sur l’ensemble des postes, y compris sur les postes de direction générale. Globalement, on sent plus de volonté de recruter de façon égalitaire hommes et femmes, dès l’instant où il y a des compétences identiques », remarque Martine Prual, fondatrice de la société de chasse de têtes MPC.

    Côté assurances, les femmes restent encore très cantonnées à certains métiers : la communication, les ressources humaines, les postes de juristes.  Néanmoins, certains métiers techniques sur lesquels elles étaient jusqu’à lors peu présentes, s’ouvrent au beau sexe. Les risks managers par exemple étaient composés à 76% d’hommes pour l’ancienne génération. Aujourd’hui, les moins de 35 ans sont des femmes à 60% .

    Bombe à retardement

    Et les comportements évoluent avec les générations.  Car co-travaillent à l’heure actuelle deux ou trois générations qui n’ont absolument pas vécu la même histoire de la mixité.  « Je quittais le lycée lorsque les premières classes mixtes apparaissaient » se souvient Pascal Jez, dircom de la CCR. « Les jeunes-femmes d’aujourd’hui n’ont pas connu cela, les jeunes-hommes non plus… »

    Patience, donc. Il faudra donc encore attendre quelques années que les plus jeunes, encore en début de parcours, aient atteint le point culminant de leur carrière, avant d’observer réellement les effets de l’ouverture d’esprit qui s’est déjà opérée.