AIG : 100 milliards de dollars de pertes 2008 ! Et après ?

    Lundi 2 mars, American International Group (AIG) annonçait une perte record de 61,7 milliards de dollars pour le dernier trimestre 2008, et une perte globale de 99,3 milliards de dollars pour l’année complète. Alors que l’Etat américain renfloue une nouvelle fois l’assureur, son démantèlement se précise.

    180 milliards de dollars en six mois, c’est la somme « investie » par le Trésor américain dans AIG, l’un des premiers assureurs mondiaux et symbole de ces sociétés en très grandes difficultés depuis les débuts de la crise financière.
    Une nouvelle – la troisième depuis septembre – rallonge de 30 milliards a été décidée lundi 2 mars pour que l’assureur puisse faire face à ses obligations, notamment en terme d’assurances, puisque le groupe couvre près de 100 millions d’américains, des particuliers, des entreprises ainsi que des collectivités.

    Une nouvelle fois, l’Etat fédéral, dont la voix a résonné par l’intermédiaire du Trésor et de la Réserve Fédérale, a fait savoir que « une restructuration ordonnée est essentielle pour assurer le remboursement par AIG du soutien qu’il a déjà reçu du contribuable américain ». Seulement, les couvertures par AIG de produits financiers « à risques » sont toujours affectées par l’instabilité des marchés financiers. Dans ce cas, seul la revente de pans entiers du groupe pourrait permettre de rembourser la dette colossale de l’assureur vis à vis de l’Etat.

    Vers le démantèlement du groupe

    Ainsi, le nouveau plan de relance prévoit de séparer les activités du groupe. Par exemple, la branche d’assurance commerciale sera répartie en deux filiales d’assurance-vie, American Life Insurance Company (Alico) et American International Assurance (AIA), créées spécialement pour permettre au Trésor de garder le contrôle de ce secteur et d’engranger une partie des profits que l’assurance-vie génère. Une manière de récupérer ce qui pourra l’être pour le Trésor.

    Dans le démantèlement d’AIG, que beaucoup d’experts pensent inévitable, la branche d’assurance est toujours rentable. Les activités en Asie de l’Est seraient ainsi mis en vente pour permettre de renflouer la société. Seul problème, la tenue actuelle des marchés boursiers n’incite pas à l’investissement et entraîne une dévalorisation forte des sociétés. Les ventes des filiales d’AIG pourraient donc être retardées, en attendant un prochain rebond des bourses mondiales. Et pendant ce temps, ce sera encore au Trésor, et donc au contribuable, américain, de payer les pots cassés.