Affaire Mediator : Les mutuelles réclament une refonte urgente du circuit du médicament

La Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles santé en France, demande une “refonte du circuit du médicament dans les plus brefs délais”, suite à la publication samedi du rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas) sur le Médiator.

Son président, Etienne Caniard, relève dans un communiqué que ce rapport “met en évidence toutes les défaillances du circuit du médicament que la Mutualité Française dénonce régulièrement”. La Mutualité Française “prend acte de l’intention des pouvoirs publics de réformer le système de pharmacovigilance et demande que ce soit fait dans les plus brefs délais”. “Elle appelle à la plus grande transparence et au débat public autour de cette réforme qui doit aller au-delà de la seule pharmacovigilance pour concerner l’ensemble de la politique du médicament sans faire l’impasse sur l’influence directe ou indirecte des laboratoires”, selon M. Caniard.

En conséquence, la Mutualité française va “prochainement présenter des propositions en matière d’autorisation de mise sur le marché, de pharmacovigilance, d’évaluation des médicaments, et sur la place des différents acteurs”. Elle considère en outre que “l’absence d’investissements publics suffisants dans les domaines de la formation, de la recherche, du soutien aux publications…, permet à l’industrie pharmaceutique de prendre une place exorbitante qui aliène l’indépendance des prescripteurs”.

Pour la Mutualité française, “cette situation est d’autant plus inacceptable que c’est finalement la collectivité qui finance cette action des laboratoires à travers le prix du médicament”.

Elle indique qu’elle “ne comprendrait pas que la solidarité nationale intervienne en lieu et place du laboratoire Servier” pour indemniser les patients, et “sera aux côtés des mutualistes victimes dans cette affaire”.

Paris, 16 janvier 2011 (AFP)