Voiture autonome : Un premier accident responsable pour la Google Car

En phase de test sur les routes américaines depuis 2009, la Google Car a connu son premier accrochage responsable. L’accident a impliqué un bus.

Depuis 2009, la Google Car a parcouru un peu plus de 2,3 millions de kilomètres et été impliquée dans 14 accidents. A chaque fois, l’erreur était imputable aux autres conducteurs ou au pilote d’essai du véhicule autonome. Mais cette fois-ci, au 15e accrochage, c’est bel et bien le système de pilote automatique qui est en cause. Dans son rapport mensuel, le géant américain explique les circonstances.

La voiture voulait tourner à droite et s’est donc positionnée sur la file lui autorisant la manoeuvre. Mais des sacs de sable l’empêchant de poursuivre sur sa file, elle s’est rabattue sur la file centrale pour contourner l’obstacle. « Un bus approchait alors par l’arrière. Le pilote d’essai l’a aperçu dans son rétroviseur, mais a pensé qu’il s’arrêterait et laisserait passer la voiture autonome. La Google Car a continué et environ trois secondes plus tard, alors qu’elle s’engageait sur le voie du milieu, elle est entrée en contact avec ledit bus », indique Google. Et d’ajouter : « La Google Car était en mode autonome et roulait à environ 3km/h. Le bus circulait lui à environ 24km/h. »

« Nous portons clairement une certaine responsabilité », Google

La firme de Mountain View confirme la responsabilité du système de conduite autonome : « Dans le cas présent nous portons clairement une certaine responsabilité parce que si notre voiture n’avait pas bougé, il n’y aurait pas eu de collision. » Des ajustements ont été faits sur le système. « Nos voitures comprendront mieux que les autobus et autres gros véhicules sont moins enclins à céder le passage que d’autres types de véhicules », poursuit Google dans son rapport mensuel.

Bien qu’il ne s’agisse que d’un accrochage mineur et le premier du genre, cet accident alimente un peu plus le sujet de la responsabilité, notamment en assurance automobile. Vers qui se tourner en cas d’accident : le constructeur, l’éditeur du logiciel, le conducteur qui n’a pas repris les commandes ? Sans réponse du législateur la question reste en suspens. Aux Etats-Unis, l’agence américaine de sécurité routière (NHTSA) a récemment fait évoluer sa législation. « Un système informatique basé sur l’intelligence artificielle des voitures autonomes peut être considéré comme un conducteur » indiquait-elle.

En Europe et plus particulièrement en France, la notion de conducteur reste régie par la convention de Vienne. Dans son article 8, elle précise que « Tout véhicule en mouvement ou tout ensemble de véhicules en mouvement doit avoir un conducteur. Tout conducteur doit posséder les qualités physiques et psychiques nécessaires et être en état physique et mental de conduire. Tout conducteur de véhicule à moteur doit avoir les connaissances et l’habileté nécessaires à la conduite du véhicule. Tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule ou pouvoir guider ses animaux. ». Si le cas des animaux est réglé, celui des ordinateurs ne l’est pas encore.