Santé : Lutte Ouvrière épingle Malakoff Médéric

Le mouvement communiste Lutte Ouvrière, prétend dans un article de son hebdomadaire du 9 novembre que Malakoff Médéric, dirigé par Guillaume Sarkozy, ne prendrait pas soin de la santé de ses employés. Le groupe répond.

Le groupe Malakoff Médéric ne prendrait pas soin de ses salariés, tel est le constat de Lutte Ouvrière dans son hebdomadaire du 9 novembre. En effet, le mouvement communiste a écrit un article peu sympathique à l’égard du groupe, titré : « Groupe Malakoff-Médéric : santé des salariés : la direction oublie de balayer devant sa porte ».

Un billet motivé par une campagne de publicité du groupe dans le cadre du développement de la prévention santé à destination des patrons d’entreprise avec pour slogan : « vous faites quoi pour prendre soin de la santé de vos salariés ? ». Lutte Ouvrière commente dans ses colonnes, « bien entendu, les quelques 6.000 salariés de ce groupe, soi-disant « mutualiste »(…) ne bénéficient pas de ces recommandations ».

Lutte Ouvrière s’appuie aussi sur l’étude annuelle de Médéric basée sur le lien entre santé et travail. Cette étude conclut qu’après un temps souvent trop long passé dans les transports, les travailleurs sont confrontés à une fatigue physique et nerveuse accrue à l’occasion des « réorganisations ».

L’étude montre aussi qu’il y a une détérioration du sommeil et de la vie personnelle hors de l’entreprise. Conclusions que Lutte Ouvrière commente : «  rien d’original dans un tel constat, ci ce n’est que le groupe lui-même témoigne d’une telle détérioration. Celles et ceux qui, au fil des restructurations, se retrouvent sur son site de Saint-Quentin-en-Yvelines ont bien souvent vu leur temps de transport s’allonger démesurément, d’autant que le nouvel immeuble dans lequel ils viennent d’être mutés est plus éloigné de la gare. Il comporte des bureaux collectifs – open spaces- où doivent se serrer sur un même plateau une dizaine de travailleurs. » Voilà qui est lancé !

Des attaques auxquelles répond Malakoff Médéric, après enquête. « Notre volonté est de promouvoir le bien-être au cœur de notre groupe. Nous appliquons à nos propres salariés ce que nous proposons à nos clients ».

En ce qui concerne le temps de trajet domicile-travail, le groupe souligne qu’ « avec ce déménagement le temps de trajet gare-bureau est quasiment équivalent à ce qu’ont connu les salariés auparavant. Avant, ils mettaient 3 minutes à pied, aujourd’hui c’est 5 minutes en bus. Un arrêt a d’ailleurs été spécialement créé pour desservir nos locaux. Il y a aussi des places de parking gratuites pour tous les salariés qui le désirent et des vélos électriques à disposition gratuitement. Un site de covoiturage a aussi été créé pour les salariés qui voudraient utiliser ce système. De plus, nous constatons que les abonnements de carte orange n’ont pas diminué ».

Lutte Ouvrière attaque aussi sur la masse de travail des salariés. « Il n’est pas rare d’avoir eu à changer plusieurs fois de poste de travail, car la direction cherche à économiser chaque mètre-carré de façon à louer une partie de ses locaux. Chaque année, soixante à soixante-dix emplois sont supprimés par non-remplacement des départs en retraite et non-renouvellement de CDD, avec l’objectif de réduire le personnel de Saint-Quentin-en-Yvelines à environ 500 d’ici quelques années, alors que le travail ne diminue pas.»

La réponse est sans appel. « Depuis l’emménagement dans ces nouveaux locaux en décembre 2009, le nombre de salariés travaillant à Saint Quentin en Yvelines a diminué. Certains salariés sont partis à la retraite. D’autres, sur la base du volontariat, ont changé de lieu de travail. Et dans un souci de bonne gestion, les locaux vacants ont été loués à une autre entreprise, sans dégrader les conditions de travail de nos salariés », commente Malakoff Médéric.

Reste à savoir d’où est partie l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.