Retraites : Le système français redistributif selon l’Insee

    Le système de retraite français est redistributif. C’est le principal enseignement d’une étude de L’Insee qui met en avant ses dispositifs correcteurs, synonymes de réduction des inégalités entre salariés.

    Dans une étude publiée ce mercredi 20 juin, l’Insee apporte un éclairage nouveau sur le système de retraite français. Loin de se réduire à une stricte logique contributive, il assure aujourd’hui une redistribution des richesses. Les chiffres de l’Institut sont éloquents : le rapport entre les salaires perçus sur l’ensemble de leur carrière par les 10% de Français les mieux payés et les 10% les moins bien payés est de 5,8. S’agissant des retraites, le chiffre tombe à 4,1.

    Comment expliquer cette disparité, alors que le montant des pensions de retraites est proportionnel aux salaires perçus pendant la vie active ? L’Insee met en avant les dispositifs correcteurs qui entrent en jeu dans le calcul des pensions. En tachant de compenser les accidents de carrière ou de consacrer des droits familiaux, ces mécanismes contribuent à « à réduire les inégalités de revenus entre retraités ». Ainsi, ils profitent surtout aux salariés modestes et à ceux dont les carrières furent interrompues.

    C’est d’abord le cas des minima de pension. En garantissant à chaque salarié une retraite minimale, le système français joue le jeu de la redistribution et favorise les ménages modestes. Même constat pour la validation de trimestres non travailllés en cas de chômage ou de maladie. Quant à l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), qui concerne les parents assumant la charge d’un enfant ou d’un adulte handicapé, elle s’inscrit dans la même perspective. La politique familiale française n’est pas non plus étrangère au constat dressé par L’Insee : la majoration de durée d’assurance au titre de la maternité ainsi que les avantages accordés aux familles de plus de 3 enfants participent elles aussi à la réduction des inégalités entre retraités.

    Les femmes, premières bénéficiaires du système français

    Une atténuation dont bénéficient particulièrement les femmes. Si le rapport entre les 10% de salaires féminins les plus forts et les plus faibles est de 6,73, il n’est plus que de 4,32 s’agissant des retraites. En cause, des dispositifs familiaux qui profitent exclusivement aux femmes, mais pas seulement. Plus que les hommes, les femmes sont frappées par les interruptions de carrière, le chômage et les bas salaires. Elles sont donc les premières bénéficiaires des mécanismes correcteurs.

    L’Insee est néanmoins catégorique : tous les dispostifs ne réduisent pas les inégalités entre travailleurs. Ainsi, la prise en compte des « 25 meilleures années » de carrière dans le calcul de la retraite est à double tranchant. Redistributive pour les personnes à carrières complètes, elle ne joue pas ce rôle pour les autres, qui appartiennent le plus souvent aux classes modestes.