Résultats 2011 / ING : Bénéfice net multiplié par plus de deux, pas de dividende

Le bancassureur néerlandais ING a publié jeudi pour l’année 2011 un bénéfice net multiplié par plus de deux sur un an, à 5,77Mds d’euros, et annoncé qu’il ne proposera pas de dividende à ses actionnaires.

« Au vu de l’environnement économique incertain, des exigences plus importantes de la part des autorités régulatrices et de la priorité d’ING de rembourser l’Etat néerlandais, le conseil exécutif ne va pas proposer de payer un dividende au titre de l’exercice 2011 », a expliqué ING dans un communiqué.

Le bénéfice net du quatrième trimestre s’est établi à 1,18Md d’euros, très inférieur aux attentes des analystes qui tablaient sur 2,07Mds d’euros mais huit fois supérieur à celui du dernier trimestre 2010, grâce à un gain de 1,29Md d’euros réalisé par la vente de certaines filiales, a précisé ING.

Provenant essentiellement de la cession de sa branche assurance latino-américaine et de celle de ses activités de conseil en investissements immobiliers en Europe et en Asie, ce gain a permis à ING de compenser une charge de 1,01 Md d’euros liée à son portefeuille de produits financiers d’assurance aux Etats-Unis.

Environnement économique difficile

« L’environnement économique est devenu plus difficile au quatrième trimestre de 2011 », a déclaré le directeur exécutif du groupe Jan Hommen, cité dans le communiqué. « La crise financière s’est étendue à la vraie économie, et l’incertitude concernant la dette souveraine en Europe a continué à éroder la confiance et amplifier la volatilité des marchés », a-t-il commenté.

Le bancassureur néerlandais a par ailleurs annoncé avoir passé une perte de 133M liée à des dépréciations d’actifs sur les obligations d’Etat grecques. « Etant donné que la reprise économique devrait rester faible en 2012, nous allons continuer à avoir une approche prudente par rapport au risque, au capital et au financement », a souligné le directeur exécutif du groupe Jan Hommen.

M. Hommen a en outre assuré qu’ING continuait à « préparer » ses branches assurance à des « futurs indépendants ». En janvier, le groupe néerlandais avait annoncé explorer « d’autres options » pour son entité assurance en Asie que l’entrée en Bourse, en raison des prévisions économiques incertaines et de la turbulence sur des marchés financiers.

Deux sociétés séparées

« A l’origine, nous voulions une seule société pour l’Europe et l’Asie mais maintenant, nous parlons de deux sociétés séparées, une en Europe donc et une en Asie », avait alors rappelé une porte-parole d’ING. Elle avait précisé que le groupe continuait à préparer sa branche assurance européenne à devenir une société indépendante, l’entrée en Bourse étant « une option parmi d’autres », tandis que pour la branche asiatique, « toutes les options sont explorées ».

ING avait annoncé en 2010 se préparer, « quand les conditions de marché seront favorables », à deux entrées en Bourse, une aux Etats-Unis et une dans la zone Europe-Asie.Les préparatifs pour une mise sur le marché outre-Atlantique continuent, selon le bancassureur. ING avait reçu en octobre 2008, lors de la crise financière, une injection de capital de 10Mds d’euros de la part de l’Etat néerlandais.

La Commission européenne avait exigé en échange, en plus du remboursement à l’Etat, des restructurations au sein du groupe, dont la vente de la branche assurance. Début janvier, le groupe devait encore rembourser 4,5Mds d’euros à l’Etat néerlandais, primes comprises, et affirmait que ce remboursement faisait partie de ses priorités « pour 2012 et 2013 ».

LA HAYE, 9 fév 2012 (AFP)