Qui sont les patients atteints par la maladie d’Alzheimer ?

    Fin 2007, près de 300 000 personnes de 60 ans ou plus couvertes par le régime général sont suivies en affection de longue durée et/ou traitées par médicament pour une maladie d’Alzheimer ou apparentée.
    Parmi elles, 92,4% sont prises en charge à 100%, bénéficiant de la reconnaissance en affection de longue durée. Leur âge moyen est de 82 ans -79 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. 88% de ces malades ont au moins 75 ans et 42% des patients ont 85 ans ou plus.

    Dans le champ de l’étude de l’Assurance Maladie (régime général), le taux de prévalence de la maladie d’Alzheimer est de 2,7% (3,4% pour les femmes et 1,8% pour les hommes). Ce taux augmente avec l’âge : il est de 0,2% pour les 60-64 ans et progresse à partir de 75 ans pour atteindre 14,6% à partir de 90 ans.

    A classe d’âge égale et à partir de 75 ans, les femmes sont plus atteintes par cette maladie que les hommes et cette différence augmente avec l’âge. Ainsi entre 85 et 89 ans, plus de 12% des femmes en sont atteintes, contre 8% des hommes, et elles sont près de 16% à partir de 90 ans contre 10% pour les hommes au même âge. Compte tenu de l’espérance de vie plus longue chez les femmes que chez les hommes, les effectifs selon le sexe des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et autres démences sont très déséquilibrés.

    En extrapolant à la population de l’ensemble des régimes d’assurance maladie le taux de prévalence est estimé, à partir de 60 ans, à 2,7%, soit près de 400 000 personnes.
    Ces données sont inférieures à celles habituellement avancées par les épidémiologistes. Des études sur échantillon3 en population générale, basées sur la recherche systématique de la maladie par des tests spécifiques, ont estimé à 850 000 le nombre de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en France, dont la moitié ne seraient pas diagnostiquées ou déclarées.

    Dans ce contexte, l’augmentation de 11,3% par an en moyenne depuis trois ans de la prise en charge en ALD pour maladie d’Alzheimer montre que les patients sont de plus en plus pris en charge spécifiquement pour cette maladie.
    Les taux de prévalence départementaux, standardisés sur la structure d’âge et de sexe de la population, sont compris entre 2% pour les Deux-Sèvres et 4% en Lozère (figure 3). Les départements du Sud et ceux d’une bande contiguë formée par l’Aisne, l’Aube et la Marne ont les taux les plus élevés (3% et plus). Les départements avec des taux inférieurs à 2,5% sont dispersés sur le territoire, à l’exception de l’Ouest, du sud des Pays de Loire et de la région Poitou-Charentes. Les départements d’outre-mer ont des taux faibles, exceptée la Martinique (3,6%).

    L’hétérogénéité géographique des taux de prévalence peut s’expliquer par des facteurs épidémiologiques insuffisamment connus mais aussi par la différence de l’offre de soins. On constate en effet que les plus fortes prévalences sont localisées dans des départements où la densité de professionnels paramédicaux (infirmiers et kinésithérapeutes libéraux) comme celle des médecins généralistes et des autres spécialistes est la plus élevée.