Protection sociale : les IP et mutuelles ont versé 4% des prestations en 2015

INFOGRAPHIE – Les mutuelles et les institutions de prévoyance ont versé 27,9Mds d’euros de prestations en 2015, au titre de la complémentaire santé et de la retraite supplémentaire, soit 4% de l’ensemble des prestations sociales. Selon la Drees, le secteur privé (hors sociétés d’assurance) a financé 9% des prestations de protection sociale en 2015.

La protection sociale est assurée majoritairement par les administrations publiques, qui ont versé 636Mds d’euros en 2015, selon une étude de la Drees sur « La protection sociale en France et en Europe en 2015 ». Le secteur privé des sociétés financières (SF) et non financières (SNF) représente 40,9Mds d’euros de prestations en 2015. Il englobe les mutuelles et institutions de prévoyance, qui ont versé 27,9Mds d’euros de prestations.
Le secteur des institutions sans but lucratif au service des ménages sert quant à lui 23,7Mds d’euros. Il englobe les associations caritatives, organismes humanitaires qui assurent l’accueil et l’hébergement des personnes handicapées, des enfants, de l’aide sociale à l’enfance et des personnes en situation d’exclusion. Les subventions publiques sont leur principale source de financement.

En raison notamment du faible niveau d’inflation, le rythme de croissance des prestations de 2015 (+1,6 %) est le plus bas observé depuis 1959. En effet, le PIB a progressé de 1,1% en 2015 et le poids du déficit public a atteint 3,6% du PIB, en baisse par rapport à 2014 (4% du PIB).

Les dépenses de protection sociale s’élèvent à 746,6Mds d’euros, et progressent à un rythme de +1,3%, une progression moins importante que celle de 2014 (+2,5%). Les prestations sociales, qui constituent 94% du total de la dépense, progressent de 1,6% en 2015 (après +2,2% en 2014) . Le ralentissement global des prestations, constaté en 2015, concerne l’ensemble des risques de la protection sociale.

Les prestations de santé représentent environ 34,9% de l’ensemble des prestations de protection sociale. Elles progressent de 2,0% contre +2,5% en 2014. Parmi elles, les dépenses maladie atteignent 200,2Mds d’euros, en progression de 2,2% en 2015, après avoir connu une hausse de 2,5% en 2014. Concrètement, les soins pris en charge par l’Assurance maladie et par l’Etat ont augmenté de 2,2% en 2015, alors qu’ils avaient connu une progression de 2,7% en 2014. La dynamique des prestations de soins du secteur public hospitalier est moins soutenue (+1,9 % en 2015, contre +2,8 % en 2014) en raison d’une progression plus modérée de la masse salariale hospitalière. « De même, la dépense de médicaments ralentit en 2015 après une année 2014 atypique au cours de laquelle le remboursement des nouveaux traitements contre le virus de l’hépatite C avait dynamisé la dépense », pointent les auteurs de l’étude.

Les prestations relatives à l’invalidité représentent 37,8Mds d’euros, en progression de 1,7% alors quelles avaient augmente de 3,4% en 2014. Ces prestations concernent des pensions et des rentes, des prestations de ressources et de compensation du handicap ainsi que des prestations d’accueil et d’hébergement en établissements médico-sociaux.

Les prestations du risque vieillesse-survie représentent environ 45,6% de l’ensemble des prestations de protection sociale. Elles atteignent 319,7Mds d’euros en 2015, en hausse de 1,6%, après avoir connu une progression de 2,1% en 2014.
En 2015 il y a eu moins de départs à la retraite qu’en 2014, ce qui a provoqué un ralentissement de la hausse des prestations de vieillesse, à 281,4Mds d’euros en 2015. Celles des régimes obligatoires qui représentent 94,2% de l’ensemble des prestations vieillesse ont crû de 2,3% en 2015, après avoir augmente de 3,4% en 2014. Ce ralentissement s’explique également par « une moindre progression de l’avantage principal de droit direct versé par les régimes obligatoires », selon les auteurs de l’étude.

Les montants versés au titre des allocations du minimum vieillesse augmentent de 0,7% en 2015 après la stagnation observée en 2014. « Cette hausse est due à la fois à la double revalorisation intervenue en 2014 (+1,0 % au 1er octobre 2014) qui montre ses effets au cours d’une année pleine en 2015 et à la stabilisation des effectifs, jusqu’ici en recul », selon les auteurs de l’étude.

Enfin, les prestations dites « de survie » sont composées principalement de pensions de réversion en cas de décès du conjoint et ont atteint 38,3Mds d’euros en 2015. Elles comprennent également les compensations de charges principalement gérées par les régimes de la mutualité et de la prévoyance en cas de souscription de contrats spécifiques (capitaux décès et rentes pour conjoints et enfants). La masse des pensions de droit dérivé pour l’ensemble des régimes obligatoires augmente de 0,5% en 2015, en léger ralentissement par rapport à 2014 (+0,9%). « Les augmentations du nombre de bénéficiaires et du niveau des pensions de droit dérivé sont en effet peu dynamiques, proches de celles de 2014, et contribuent à cette modération ».