Notation : Fitch demande à l’Espagne encore plus d’économies dans la santé

L’agence de notation financière Fitch a jugé mardi que le plan du gouvernement espagnol pour économiser 7 milliards d’euros dans le secteur de la santé était “un bon début” mais que “des réformes supplémentaires sont nécessaires”.

“Les réformes des dépenses espagnoles de santé, annoncées la semaine dernière par le gouvernement, devraient avoir un effet positif sur la capacité de crédit du pays (donc, sa note, ndlr) car elles vont réduire les coûts sanitaires des régions, en très forte hausse”, écrit l’agence dans un communiqué.
Mais “des réformes supplémentaires sont nécessaires et vont probablement arriver, et pas seulement dans le domaine de la santé”, estime Fitch.

Le gouvernement conservateur espagnol, engagé dans une course à la réduction du déficit, a adopté vendredi un plan d’économies visant les secteurs très sensibles de la santé et de l’éducation, espérant générer ainsi 10 milliards d’euros d’économies par an.

Mesure-phare de la réforme de la santé, qui vise à économiser 7 milliards, et sans doute promise à la plus grande impopularité: désormais les retraités paieront pour leurs médicaments.
Les actifs, qui jusque-là payaient 40% de la facture, régleront eux jusqu’à 60%, selon leur situation financière.

“Il est difficile pour nous d’évaluer si cette réforme va apporter les 7 milliards d’euros d’économies prévus”, note l’agence de notation, qui précise que cette somme représente 10% des dépenses de santé publique en Espagne.
“Tandis que le co-paiement des médicaments peut limiter la contribution des gouvernements régionaux, un contrôle plus strict de la liste des médicaments disponibles pourrait avoir plus d’impact”, relève Fitch.

Les 17 régions espagnoles sont les premières concernées par ce plan d’économies car ce sont elles qui gèrent les lourds budgets de la santé et de l’éducation. Scrutées de près par le gouvernement, elles doivent ramener leur déficit public de 2,94% du PIB en 2011 à 1,5% en 2012.

Le pays dans son ensemble a douze mois pour réduire de plus de trois points son déficit, de 8,51% à 5,3% du PIB, et a déjà annoncé le budget le plus austère de son histoire, pour récupérer 27,3 milliards d’euros.

Avec AFP