Grippe A : L’OMS passe au niveau 6 de son alerte pandémie

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé son niveau d’alerte sur la grippe porcine au niveau maximal de 6, signifiant une pandémie, a annoncé aujourd’hui le gouvernement suédois dans un communiqué.

L’OMS vient donc de relever son niveau d’alerte, après une réunion d’urgence de ses experts.
Selon de nombreux spécialistes hors de l’organisation, les 27.737 personnes affectées dans 74 pays et les 141 morts justifient largement l’annonce de la pandémie. D’autant que des pays comme l’Australie ou le Chili ont vu une explosion du nombre de cas ces derniers jours.

Cinquième pays le plus touché au monde avec 1.263 cas, l’Australie a indiqué jeudi que quatre malades avaient été admis en soins intensifs.

Le Dr Keiji Fukuda, numéro deux de l’OMS, a admis mardi l’existence d’une “transmission locale” du virus d’origine porcine, aviaire et humaine dans l’Etat du Victoria.

Mais il a fait comprendre aussi que l’OMS voulait, avant de faire son annonce, être sûre que ses 193 membres étaient bien préparés, de façon à éviter une panique générale qui serait, selon elle, injustifiée.

“Nous ne voulons pas que les gens cèdent à la panique de manière excessive”, a expliqué Keiji Fukuda, arguant que “passer en phase six (signifiait) que la propagation (du virus) continue… mais ne signifie pas que la gravité de la maladie a augmenté”.

Cette question de la sévérité du virus a donné bien du fil à retordre à l’organisation. Son système d’alerte pandémique, pensé sur les grippes les plus meurtrières du siècle dernier, s’est ainsi avéré inadapté pour un virus, certes d’un genre nouveau, mais encore peu virulent.

Sa mortalité s’est révélée jusqu’à présent à peu près équivalente à celle de la grippe saisonnière (0,1%), en dehors du Mexique (0,4%).

Sous la pression de ses membres, l’OMS a cherché à intégrer dans son système ce critère de gravité mais semble y avoir renoncé.

“Il est très difficile de faire une annonce globale sur la sévérité du virus”, alors que son impact est différent selon les pays, a expliqué jeudi, une porte-parole Laragh Gollogly, ajoutant qu’il “est possible que les experts ne recommandent pas de faire des commentaires sur la gravité maintenant”.

En revanche, si le virus mutait et venait à se combiner avec une souche plus virulente comme le craint l’OMS, l’organisation pourrait être amenée à réévaluer sa position.

Avec AFP