Gestion d’actifs : La taxe Tobin proposée dès octobre en Europe

Une proposition européenne de taxe sur les transactions financières, dont la France et l’Allemagne prônent la création, devrait faire l’objet d’une proposition européenne « dès octobre », a affirmé jeudi à Madrid le ministre français chargé de la Coopération Henri de Raincourt.

« Une proposition européenne devrait être faite dès octobre », a déclaré le ministre, aux côtés de la secrétaire d’Etat espagnole à la Coopération internationale Soraya Rodriguez, à l’ouverture d’une réunion du groupe pilote sur “les financements innovants pour le développement” présidé depuis le 1er juillet par l’Espagne.

« Les lignes ont bougé » en faveur de cette taxe et des financements innovants, s’est réjoui le ministre à l’approche « de la première réunion du G20 sur le développement la semaine prochaine » à Washington. Cette taxe « est faisable et neutre. Ce n’est pas une punition », a-t-il martelé, soulignant que 15 pays avaient déjà signé la déclaration en sa faveur.

Il a réfuté l’argument selon lequel elle n’était « techniquement pas faisable », affirmant que « plus de 40 pays disposent déjà de cette taxe, sous une forme ou une autre ».

La présidence française du G20 des principales puissances riches et émergentes en a fait une priorité. Et, face à l’hostilité de pays comme les Etats-Unis, Paris s’est allié à Berlin pour la défendre au niveau européen. Concernant les financements innovants, M. de Raincourt a rappelé que 23 pays avaient déjà mis en place ce type de mesures, dont 12 pays du G20, et que ces financements avaient permis de récolter « cinq milliards de dollars au service du développement ».

La Déclaration sur les financements innovants a déjà été signée par la Belgique, l’Espagne, la Norvège, le Brésil, le Japon et la France en septembre 2010 à New York. Ces pays plaident pour des financements qui peuvent prendre la forme de taxes microscopiques dans des secteurs emblématiques de la mondialisation tels que les transports ou la finance.

Pionnier en la matière, le programme Unitaid, créé en 2006 pour financer les traitements contre le sida, le paludisme et la tuberculose, a permis de lever des fonds grâce essentiellement à une taxe sur les billets d’avion mise en place dans la plupart de la quinzaine de pays qui y participent.

Madrid, 15 sept 2011 (AFP)