Expert d’assurés : « Nous ne sommes pas simplement des contre-experts »

Les experts d’assurés sortent du bois. Ils cherchent à faire valoir l’apport de leur profession pour les assurés et à gommer la confusion avec le métier d’expert d’assurance.

Après avoir connu son heure de gloire dans les années 1960 et 1970, la profession a été peu peu oubliée du grand public au tournant des années 2000. Jusqu’alors, les contrats d’assurance proposait une garantie prenant en charge les frais de recours à un expert d’assuré. Mais ces garanties ont été progressivement supprimées ou proposées sous forme d’option.

Aujourd’hui, réunis sous la bannière de la Fedexa (Fédération des experts d’assurés), ils tentent de se rappeler au bons souvenirs des assurés. Première étape, se démarquer de l’expert d’assurance. « Ce dernier est mandaté par la compagnie. Alors que nous sommes mandatés par l’assuré qui a lui aussi le droit d’avoir son propre expert, explique Nicolas de Barrau, président de la Fedexa. Nous rôle s’apparente à celui d’un avocat face au ministère public ».

Deuxième étape expliquer qu’à l’instar de l’expert d’assurance, l’expert d’assuré peut être mandaté immédiatement après le sinistre. « Nous ne souhaitons pas tomber dans le piège nous enfermant dans un rôle de simple contre-expert. Plus nous intervenons tôt après la survenance du sinistre, plus nous avons des éléments pour négocier, auprès des compagnies, la meilleure indemnisation possible prévue par le contrat d’assurance du sinistré », souligne Nicolas de Barrau, président de la Fedexa.

Rémunérés au pourcentage de l’indemnisation

Car le travail principal de l’expert d’assuré consiste notamment à négocier l’indemnisation d’un sinistre auprès de l’assureur pour le compte d’un assuré. « Trop souvent, les assurés, dans l’émotion post-sinistre, acceptent la proposition de l’assureur en se disant que finalement c’est mieux que rien et sans forcément avoir une idée de ce à quoi ils pourraient avoir droit. Rares sont ceux qui épluchent leurs contrats pour vérifier que la proposition d’indemnisation correspond à ce que prévoient les garanties. C’est notre rôle », assure le président de la Fedexa.

Pour autant, faire appel à un expert d’assuré ne garantit pas une indemnisation supérieure. « Nous restons dans ce qui est prévu par le contrat. Si l’assureur indemnise à la juste valeur, nous n’avons pas de marge de manœuvre », tempère Nicolas de Barrau. Quant à l’argument selon lequel faire appel à un expert d’assuré rallongerait le délai d’indemnisation, il est balayé par le président de la Fedexa : « Nous sommes rémunérés au pourcentage de l’indemnisation (environ 5%, ndlr). Nous n’avons aucun intérêt à faire traîner la procédure ».

Reste toutefois un risque que ne maîtrise pas l’expert d’assuré. S’il parvient à négocier une indemnisation supérieure à ce que la compagnie avait prévu, cette dernière pourrait être tentée de revoir ses positions sur la couverture d’assurance que ce soit au niveau tarifaire ou dans les garanties.

Aujourd’hui, le marché de l’expertise d’assuré en France génère un chiffre d’affaires de 80M d’euros. Mais il a un potentiel 3 à 4 fois supérieur, selon la Fedexa.