Edito : L’assurance haute couture

Jean Azema débarqué de Groupama, c’est tout un assureur mutualiste qui perd ses repères et une profession qui se retrouve bousculée… Ça revient presque à virer Karl Lagerfeld de chez Chanel, je vous laisse imaginer la suite !

Entre le fonctionnement des compagnies d’assurance et celui des prestigieuses maisons de haute couture, le parallèle est flagrant.

Les assureurs sont eux aussi dirigés par des hommes (et très peu de femmes) dont le rôle est d’imposer un genre, une touche qui dure dans le temps, qui fasse rêver, mais surtout qui rapporte… Et comme dans la mode, l’assurance a ses icônes, ses figures qui incarnent la réussite mais aussi les déboires et une grande partie de l’image d’une profession. Risques ou machines à coudre, ces « patrons superstars » sont à la tête de quelques grands groupes au chiffre d’affaires mirobolant, avec la tâche ardue de rester N°1 ou de s’en approcher.

Comme dans la mode, tous les « grands couturiers de l’assurance » ne sont pas logés à la même enseigne et les places sont chères : il y a évidement les créateurs de talent, les audacieux, les petits jeunes qui montent, les « vieux de la vielle », les chouchous du public ou encore ceux qui travaillent dans l’ombre. Puis il y a les malchanceux, ceux qu’on met au placard ou ceux qu’on déteste et à qui on ne donne pas six mois.

Pas facile pour un créateur d’imposer toujours une nouvelle patte, un nouveau style et faire qu’une marque puisse séduire. La concurrence entre les grandes maisons fait rage à coup de rachats, de cessions et quand vient la dernière « fashion week » (comprenez présentation des derniers produits d’assurance) il faut être convaincant. Car au final, ce sont généralement les administrateurs (encore eux) qui décident et quand le bilan est mauvais c’est le créateur qu’on évince.

Pourtant, comme dans la mode, certaines petites enseignes tiennent toujours la dragée haute aux grandes maisons. Certes leurs dirigeants sont parfois moins connus mais peuvent encore laisser libre court à leur côté artistique, créer, tenter des choses surprenantes.

Bref, dans l’univers de la haute couture comme dans celui de l’assurance, l’important reste d’être bien couvert, mais de là à entendre un jour « Niort, j’adore », le chemin est encore long.