Dépendance : « François Hollande n’a pas raison » selon Roselyne Bachelot

Invitée d’une conférence sur la dépendance organisée par Les Échos ce mardi, Roselyne Bachelot a critiqué le projet de création d’une nouvelle cotisation pour financer la perte d’autonomie lancé la semaine dernière par François Hollande. Cependant, la ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale n’a formulé aucune proposition concrète sur la prise en charge de la dépendance, se réfugiant derrière l’échéance de l’élection présidentielle et des futures annonces du candidat Sarkozy sur le sujet.

Roselyne Bachelot n’a pas vraiment fait avancer le débat sur la dépendance ce mardi matin. Si la ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale a rappelé que « la prise en charge de la perte d’autonomie n’est pas d’abord un enjeu financier », elle a insisté sur l’importance des trois chantiers que sont la formation, la prévention et la coordination. Rien de nouveau donc et cette dernière d’insister sur le fait que « malgré un coût de 25Mds d’euros par an, la France n’a pas à rougir de son système ».

« La réforme de la dépendance ne fait que commencer » ajoute Roselyne Bachelot qui préfère malgré tout attendre les propositions du candidat Sarkozy avant de dévoiler quelques pistes pour la suite des évènements. Cependant, parmi ses mesures urgentes, elle propose une nouvelle fois la mise en place d’une cohésion entre les instances sanitaires et médico-sociales – pointant l’importance de la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » – ou engager des expérimentations sur les Ordam (objectifs régionaux de dépenses d’Assurance-maladie).

François Hollande en ligne de mire

Laissant donc le soin au candidat Nicolas Sarkozy de dévoiler ses projets futurs concernant la dépendance, Roselyne Bachelot s’est contenté de contrer les propositions du candidat PS en la matière. « François Hollande n’a pas raison quand il parle de la création dune nouvelle cotisation pour financer la dépendance », a déclaré ce matin la ministre. « Il annonce vouloir mettre 4Mds d’euros dans le système, ce qui me paraît extravagant puisqu’il n’a pas préempter ses modes de financements », poursuit-elle.

Des assureurs frileux

Présente également lors de cette conférence, Valérie Rosso-Debord, député UMP et membre de la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, est revenue sur la place de l’assurance privée dans le débat. « L’assurance privée peine à décoller car le risque de dépendance n’est pas suffisamment quantifiable », déclare-t-elle « c’est aujourd’hui une assurance à fonds perdus » poursuit-elle. La député de Meurthe-et-Moselle lance ensuite que l’assurance-vie semble beaucoup plus avantageuses pour financer la perte d’autonomie. « Libérer l’assurance-vie à destination de la prise en charge de la dépendance peut être une solution. Les taxes sur certains contrats permettraient de libérer des fonds pour la dépendance », conclut cette dernière, une option que pourrait dévoiler Nicolas Sarkozy dans son programme de campagne, malgré le démenti de M. Rosso-Debord.