Courtage : Entre far west et langue de bois

Dans les allées des Journées du Courtage, le second jour est à la monotonie. Parler au client ou non ? Le conseiller ? L’accompagner ? Telles sont les évolutions du métier que beaucoup envisagent dans les allées ou en conférence plénière.

Mais à bien écouter les courtiers, loin du sourire de façade, on entend un discours bien différent : « Il faut dire au client quand on ne sait pas ou qu’on ne sait pas faire. » Un autre ne voit plus trop l’intérêt à déambuler sur le salon : « c’est la seconde fois que je le fais. Je ne sais pas si je vais revenir demain, » confiait un courtier de proximité mardi soir.

Son collègue, à quelques mètres de nous, nous interpelle : « Les Journées du Courtage, c’est bon pour ceux qui ont des grosses affaires, pas pour nous. » A quelques stands de lui, Julien Lepers s’époumone et s’agite pour faire gagner un iPad à l’un des trois participants à son quizz. « C’est la foire. On sourit, tout va bien, alors qu’on passe nos journées à essayer de piquer les clients des autres. »

Même Dominique Sizes, président du CSCA, ne l’a pas caché en conférence plénière : « Aujourd’hui, on passe son temps à se piquer des clients, mais on le fait de manière plus fine qu’avant. »

Et toujours la même rengaine sur les codes courtiers, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes et seul un spécialiste ose en parler hors caméra : « L’enquête de la Tribune de l’assurance était très bien documentée. J’ai vérifié ces chiffres, ils sont exacts. Générali a fermé bon nombre de codes… »

En plénière, on rappelle qu’on ouvre de nouveaux codes, qu’on donne leur chance à de nouveaux courtiers et Jean-Luc Montané, directeur des assurances IARD chez Axa, nous confie même que « non, il n’y a pas de langue de bois. »