Coronavirus : 3,2Mds d’euros d’engagements pour les assureurs

Florence Lustman, présidente de la FFA
La présidente de la Fédération française des assurances (FFA), Florence Lustman

La FFA a annoncé ce mercredi 15 avril un effort supplémentaire de la profession pour faire face à la crise du coronavirus. Les assureurs vont porter leur contribution au fonds de solidarité dédié aux petites entreprises à 400M d’euros et lancer un programme d’investissement de 1,5Md d’euros pour aider à la relance des entreprises. Au total, les engagements du secteur s’élèvent à 3,2Mds d’euros.

Sous le feu des critiques depuis le début de la crise du coronavirus, la FFA a tenu à rappeler que le secteur était pleinement mobilisé depuis le début de la pandémie. Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 15 avril, la présidente de la fédération Florence Lustman a également fait plusieurs annonces qui viennent confirmer un nouvel effort de la part de la profession.

« Il s’agit d’une deuxième série de mesures […] qui s’appuie sur une base volontaire », précise la présidente de la fédération qui va doubler sa contribution au fonds de solidarité en faveur des très petites entreprises et des indépendants (aux TPE, PME, artisans et commerçants), la portant à 400M d’euros contre 200M initialement.

« Pour aider à la relance économique des entreprises, nous allons financer à hauteur de 1,5 milliard d’euros, majoritairement en fonds propres, un programme d’investissement destiné principalement aux ETI, aux PME et aux entreprises du secteur de la santé », indique ensuite Florence Lustman. Le dispositif s’appuiera notamment sur les fonds Nov (Nova, Novo et Novi) déjà lancés en 2012.

Au total, les engagements du secteur s’élèvent à 3,2Mds d’euros (1,75Md de mesures extracontractuelles et de solidarité et 1,5Md d’investissement).

Régime de catastrophe sanitaire

Parmi les autres mesures annoncées, la FFA a indiqué avoir lancé des travaux aux côtés du ministère de l’Economie et des Finances en vue de la construction d’un futur régime de catastrophe sanitaire. « Dans nos discussions, nous avons identifié quatre questions clé autour de ce futur régime : quel type d’évènement entrera dans le dispositif ? Quels préjudices doivent être pris en compte ? Quelles seront les entreprises indemnisées et quel sera le moyen de financement de ce régime ? », précise la présidente de la FFA qui devrait être en mesure de présenter une « proposition viable » au début de l’été.

« Dans la réflexion engagée avec les pouvoirs publics, ce futur régime ne pourra fonctionner que s’il s’inscrit dans un partenariat public/privé avec la garantie de l’État », rappelle de son côté Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France et vice-président de la fédération. « Il ne s’agit pas de monter une simple assurance « presse-bouton », mais bien de réfléchir à la mise en place d’un mécanisme organisé sur la durée, avec la constitution de provisions de longs termes dans lesquelles nous pourrons puiser ».

Perte de valeur des actifs

De son côté, Thierry Martel, directeur général de Groupama, également vice-président de la FFA, a rappelé que la situation engendrée par le covid-19 mettait à mal les engagements des assureurs sur l’épargne. « La perte de valeur de nos actifs est aujourd’hui de plus de 250Mds d’euros. Lorsque l’on a des engagements investis en euros, ce sont nos fonds propres qui compensent cette perte de valeur », explique-t-il. « Les normes comptables auxquelles nous sommes soumis nous empêchent aujourd’hui de constituer des provisions lorsque la situation le permet. Il faut repenser l’assurance sur le temps long ».

« Nous réaffirmons notre volonté de participer à la solidarité nationale et d’anticiper la sortie de crise dans la limite de nos moyens. Notre première responsabilité vis-à-vis de nos assurés c’est de préserver la solidité de nos entreprises, comme l’ont rappelé récemment les autorités de contrôle françaises et européennes de la profession », conclut de son côté Florence Lustman.

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