Chronique : Les principales causes de défaut d’une compagnie d’assurances par S&P

Dans le cadre de sa chronique mensuelle, l’agence de notation Standard & Poor’s propose de revenir sur les causes de défaut des assureurs.

Dans notre rapport publié le 13 juin dernier, nous analysons les causes principales qui ont pu amener à des défaillances d’assureurs que ce soit un défaut de paiement, une liquidation, une intervention du régulateur, ou une situation dans laquelle une aide externe a permis d’éviter une défaillance.

Depuis les années 1980, nous avons observé une série de défaillances qui ont été une source d’informations dans le développement et la calibration de nos critères et qui ont également influencé la façon dont nombre de sociétés d’assurance sont gérées.

Dans la plupart des cas, plusieurs des facteurs suivants étaient en cause, les uns aggravant parfois les autres pour conduire finalement à la défaillance de l’assureur :

Liquidités insuffisantes : plusieurs cas de défaut (comme plusieurs assureurs vie américains dans les années 90) ont eu pour origine une trop grande concentration en placements peu ou pas liquides au regard de la structure ou de la nature des passifs ;

Sous tarification et sous-provisionnement : selon nos observations, une mauvaise politique de tarification favorise la croissance à court terme aux dépens d’une solidité financière durable. Cette stratégie peut aussi affaiblir la capacité d’un assureur à provisionner correctement ses sinistres.

Tolérance élevée aux risques, notamment en matière de placement.

Problèmes liés à la stratégie ou à la gouvernance.

Difficultés engendrées par une croissance rapide et/ou une stratégie de diversification vers des activités qui ne sont pas « cœurs de métiers »: lorsqu’elle n’est pas financée de façon adéquate, ce type de stratégie peut conduire à un affaiblissement du profil financier de l’assureur. Elle peut aussi remettre en cause les capacités de l’entreprise en matière de gestion des risques lorsque celle-ci n’est pas en mesure d’évaluer et de gérer ses nouveaux risques. Ainsi, plusieurs acquisitions et une croissance organique forte ont conduit le groupe Australien HIH Insurance à faire défaut en 2001, après être devenu le second assureur Australien en 20 ans.

Exposition à la dette souveraine : la détérioration de la qualité de crédit des titres souverains peut engendrer des difficultés financières et opérationnelles pour les assureurs locaux, du fait de l’impact potentiel en termes de volume d’activité, de sinistralité ou de risque de crédit au bilan.

Gwenaëlle Gibert, directrice déléguée , Financial Services chez Standard & Poor’s