Assurance / Acquisition : Discussions rompues entre la famille Ligresti et Groupama

La holding Premafin de la famille Ligresti a annoncé mardi dans un communiqué la fin des négociations avec Groupama en vue d’une prise de participation de l’assureur français et a indiqué étudier des « solutions alternatives ».

Premafin, qui contrôle le deuxième assureur italien Fondiaria-SAI, a indiqué que les membres de la famille Ligresti, qui détiennent environ 51% de Premafin, « ont estimé que dans l’état actuel des choses, les conditions ne sont plus réunies pour que les contacts se poursuivent en vue de l’entrée de Groupama dans le capital de Premafin ».

« Des solutions alternatives destinées au renforcement financier du groupe sont à l’étude », a ajouté Premafin. Groupama avait signé un accord fin octobre avec Premafin dans le cadre duquel il devait prendre une participation de 17,1% pour environ 145M d’euros.

Le français avait indiqué en outre qu’il envisageait de prendre aussi éventuellement une part directe dans Fondiaria-SAI pouvant aller jusqu’à 17-20%. Mais l’autorité boursière italienne Consob a contrecarré les plans de Groupama en lui imposant le lancement d’une OPA sur Premafin et Fondiaria-SAI comme condition à sa prise de participation dans Premafin.

Groupama avait tout de même annoncé la semaine dernière vouloir « étudier les options possibles pour les négociations d’un nouvel accord avec la famille Ligresti, qui répondent aux contraintes posées par la Consob ».

La fin des discussions avec Premafin est un revers pour Groupama dont l’Italie est le marché étranger le plus important avec 1,5Md d’euros de chiffre d’affaires en 2010, 845 agences et 1,7M de clients. De leur côté, les Ligresti se seraient tournés vers leurs banques dont UniCredit en vue d’élaborer un « plan B » alors que la dette nette consolidée de Premafin s’élevait à 1,9Md d’euros fin 2010.

Le marché faisait part de son inquiétude et vers 11H00 GMT, Premafin chutait de 7,41% à 0,66 euro et Fondiaria-SAI de 5,70% à 6,53 euros, dans un marché en forte baisse de 2,89%. L’argent apporté par Groupama aurait dû en effet être une bouffée d’oxygène pour la famille.

Cette somme devait notamment lui permettre de participer à hauteur d’au moins 100M d’euros à une prochaine recapitalisation de Fondiaria-SAI destinée à renflouer les pertes de l’assureur qui se sont élevées à 431,4M sur les neuf premiers mois de 2010.

Milan, 15 mars 2011 (AFP)