Les enjeux humains et financiers que pose la perte d’autonomie

    Olga Piou est directrice générale du Centre de Liaison, d’étude, d’information et de recherche sur les problèmes des personnes âgées (Cleirppa) explique quelles sont les pistes pour améliorer la situation des personnes âgées en perte d’autonomie.

    Quels enjeux soulèvent la dépendance ?

    Il s’agit de permettre aux personnes âgées en perte d’autonomie de rester chez elles si elles le souhaitent ou d’entrer en maison de retraite si cela est nécessaire. La dépendance soulève du coup un enjeu financier. La question est de savoir si notre société est capable de mettre à disposition un budget suffisant pour traiter ce problème. Il faudrait pour cela augmenter l’Allocation personnalisé d’autonomie (Apa) et aider financièrement les services à domicile pour qu’ils embauchent plus de personnel et améliorent leurs services.

    Quel bilan tirez-vous du système actuel ?

    Il existe une inégalité territoriale en ce qui concerne l’Apa car les critères d’attribution et les montants varient en fonction des départements. Pour éviter cela, l’Apa devrait être gérée au niveau national par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ou par l’Etat. Par ailleurs, l’Apa ne permet souvent pas de couvrir le coût des services à domicile. Il existe actuellement trois types de structures : les organismes prestataires, les entreprises mandataires et les emplois directs. Beaucoup de départements privilégient les emplois directs alors qu’ils sont moins bien formés. Il faudrait que les départements indemnisent les bénéficiaires de l’Apa selon le coût réel payé et vérifient la qualité du service apporté.

    Quels conseils donneriez-vous pour choisir une aide à domicile ?

    Pour choisir une entreprise de services à domicile, je conseille d’aller discuter avec le responsable pour connaître les prestations proposées, voir si une démarche qualité a été mise en place, si le personnel est formé etc. Il faut essayer de se renseigner sur la qualité des services et peut-être privilégier les structures qui ont un encadrement de l’équipe d’aide à domicile et où les salariés ont plus d’ancienneté. En matière d’emplois directs, il n’y a pas vraiment de recette mais je conseillerais de choisir plutôt une personne qui a de l’expérience ou un diplôme, de type DEAVS (Diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale) ou CAFAD (Certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile).

    En partenariat avec l’OCIRP