Standard & Poor’s prévoit une dégradations des notations pour l’assurance en France

L’agence de notation Standard & Poor’s publie aujourd’hui un rapport sur le secteur de l’assurance en France, et les perspectives ne sont pas très bonnes. « La moitié des assureurs vie et non-vie que nous suivons ont des perspectives négatives, alors qu’ils n’étaient que 3% au 30 septembre 2008 » précise Lotfi Elbarhdadi, analyste crédit chez Standard & Poor’s.

Le secteur de l’assurance aura traversé une année 2009 compliquée. Pourtant, Standard & Poor’s reconnaît « une bonne résistance » du secteur depuis le début de la crise, en septembre 2008. Ce sont les conclusions d’un rapport rendu public aujourd’hui par l’agence de notation, qui suit une grande partie des assureurs français.

Parmi les 40 sociétés suivis par S&P, qui comptent pour 55% du marché français en terme de prime, la moitié sont assorties de perspectives négatives. Ainsi, d’Axa à BNP Assurances, en passant par Coface, Chartis, MMA, CNP, Aviva, Groupama ou encore Generali, une part importante du secteur de l’assurance en France est maintenant sous perspective négative pour S&P. L’autre moitié est « stable » mais aucune entreprise du secteur affiche une perspective positive, signe que les notes ne devraient pas évoluer favorablement cette année.

L’activité vie et non-vie des assureurs aura été impactée directement par la crise financière, la concurrence en assurance-vie et la sinistralité en hausse pour l’assurance non-vie.
Si S&P souligne des taux de fonds propres des différentes sociétés, restés à des niveaux corrects, mais s’inquiète plus pour la hausse des sinistres qui ont peu à peu entamé les ratios combinés. Selon le rapport, les catastrophes naturelles devraient avoir un impact de 2 à 3 points sur le ratio combiné des assureurs non-vie en France.

Parallèlement, les assureurs vie n’ont pas été épargnés. Si les niveaux de collecte sont repartis à la hausse après une fin d’année 2008 catastrophique, les placements se font surtout vers les contrats en euros, sûrs et garantis, mais qui rapportent moins aux sociétés et affectent donc la rentabilité à long terme. L’agence annonce également que la concurrence accrue qui a poussé les différents acteurs à offrir des taux rémunérateurs, même à court terme, risque de peser sur la notation.

Même si la situation n’est pas dramatique, le secteur de l’assurance étant toujours qualifié de « solide » pour l’agence, la somme de toutes ces situations individuelles laisse à penser que les évolutions en 2010 ne seront pas positives. Les premières publications de résultats, prévus dans les prochaines semaines, devraient permettre d’y voir plus clair et de mesurer, au cas par cas, la situation des assureurs français.