Résultats : Hausse du nombre de cliniques privées en déficit, de 36% en 2009 elles sont passées à 43% en 2010

Le nombre de cliniques privées en déficit s’est accru l’année dernière, passant de 36% en 2009 à 43% en 2010, a annoncé mardi leur fédération, qui a stigmatisé les avantages de financement dont bénéficient les hôpitaux publics.

“Notre secteur est pleinement touché par les distorsions de financement du système de santé, qui favorise l’hôpital public alors qu’il est de loin le moins performant”, a affirmé Lamine Gharbi, président de la FHP-MCO (Fédération de l’hospitalisation privée/ Médecine Chirurgie Obstétrique). “Pour une même prestation hospitalière, les cliniques continuent d’être remboursées moins par la Sécurité sociale -26% en moyenne- que les hôpitaux publics. On continue de punir les bons élèves et de récompenser les mauvais.

C’est une situation inique qui devient de plus en plus intolérable et qui menace tout un secteur d’excellence qui représente 200.000 emplois”, a poursuivi M. Gharbi, en présentant le rapport annuel de l’Observatoire économique et financier des cliniques MCO.

En 2010, pour la première fois, en 20 ans, le résultat net du secteur privé MCO s’est soldé par une perte de 1,4% du chiffre d’affaires total, contre +0,6% en 2009.

Trois quarts des établissements (75%) se situent désormais en dessous du seuil de résultat net minimum préconisé par les experts financiers pour pouvoir investir. “Les remboursements de l’assurance maladie ne couvrent plus aujourd’hui les charges d’exploitation. Certaines opérations chirurgicales sont mêmes remboursées par la Sécu en dessous des coûts de production, comme les césariennes ou bien certaines endoscopies”, a souligné le président de la FHP-MCO.

La FHP-MCO regroupe quelque 600 cliniques et hôpitaux privés qui représentent 8,5 millions de séjours, 58% de la chirurgie et environ une naissance sur trois en France.

Les cliniques et hôpitaux privés dépendent en grande partie pour leurs revenus du montant des tarifs Sécu des prestations hospitalières, qui sont fixés par l’Etat, à des montants différents pour le public et pour le privé.

Le gouvernement envisage pour 2018 une convergence de ces tarifs, mais le rythme est assez lent. “Au rythme actuel, elle ne sera achevée qu’en 2092”, déplore la FHP-MCO qui a porté plainte auprès de Bruxelles, invoquant une “discrimination injustifiée”.

Avec AFP