Résultats 2012 : April en retard sur ses objectifs stratégique 2015 (Vidéo)

April affiche des résultats 2012 assez modestes. Parmi ses objectifs de cette année : le marché des expatriés et celui des TPE-PME appelé à évoluer avec l’ANI.

Après des années 2010 et 2011 compliquées pour April, le courtier retrouve le chemin de la rentabilité et de la croissance mais encore lentement. Après une retrait de 30% en 2011, le résultat net 2012 est de nouveau en baisse de -3,7% à 53,4M d’euros .

Pour ce dernier exercice, le courtier et assureur a subi une charge d’impôt supplémentaire de 11M d’euros imputant les bénéfices. « Les déficits des filiales étrangères étant imputées sur le résultat sans bénéficier de l’intégration fiscale », explique le groupe.

Cela étant, April, l’un des plus gros courtiers français, améliore sa rentabilité. Le résultat opérationnel demeure en hausse de 10,4% à 92,8M d’euros. Mais April reconnait être en retard sur les objectifs stratégiques qu’il s’était fixés l’année dernière « atteindre d’ici à 2015 une marge opérationnelle de 15% et une croissance organique moyenne supérieure au marché ». Pour un chiffre d’affaires actuel de 773,5M d’euros (+2,1%) qui le place parmi les premiers courtiers français.

En 2012, la marge opérationnelle gagne un point à 12% contre 10,5% en 2010. Le résultat opérationnel courant affiche une croissance de 10,4% en 2012 à 92,8M d’euros après un début d’année 2012 laborieux où le résultat n’avait progressé que de 3,6%.

Retard sur les objectifs 2015

Bruno Rousset, président et fondateur d’April explique que du « retard a été pris essentiellement sur les activités internationales alors qu’en France, la croissance est au rendez-vous. Après avoir beaucoup investi à l’étranger, le groupe a encore un travail de rationalisation à faire ». En 2012, April a acquis Asia Assistance Partners, société spécialisée dans  l’assistance médicale et la gestion de frais médicaux en Asie-Pacifique, et MediCare, spécialiste britannique de l’assurance santé des expatriés.

Bruno Rousset se dit optimiste pour rattraper son retard en continuant de suivre sa stratégie de croissance à l’international (présent maintenant dans 37 pays) et sur les marchés de niches peu concurrencés. Parmi les priorités figurent la construction du réseau à l’international et la mobilité : assurances des expatriés et étudiants étrangers (nouvelle plateforme de gestion en Thaïlande, en Allemagne et en Suisse), l’assurance voyage, l’assistance.

ANI et Solvabilité 2

Parmi les autres chantiers à venir, April se prépare aux nouveaux marchés qui peuvent lui être adressés après l’entrée en vigueur de l’ANI (Accord National Interprofessionnel) sur la généralisation des complémentaires santé dans les entreprises. April dit avoir préparé «son plan de bataille». Son offre santé et prévoyance tournée aujourd’hui vers l’individuel (à 85% du chiffre d’affaires) pourrait se rééquilibrer au bénéfice du collectif.

April compte aussi toujours maintenir la pression avec l’Apac (L’association pour la promotion de l’assurance collective) pour faire disparaitre les clauses de désignation, créant des distorsions de concurrence en faveur des instituts de prévoyance, selon April.

Autre changement réglementaire : les nouvelles exigences européennes de solvabilité (Solvabilité 2) à l’horizon 2016, même si elles ne concernent que les assureurs, vont changer la concurrence. Solvabilité 2 pourrait « pousser les assureurs à se séparer de certains courtiers, qui ne sont pas prêts », estime Bruno Rousset. Pour autant, April n’aurait aucune ambition à les acquérir, ces derniers n’étant pas assez solides. Mais c’est aussi une bonne nouvelle pour les courtiers, « en augmentant les exigences de fonds propres, on augmente aussi nos primes, les exigences de rentabilité des marchés étant les mêmes », a enchéri Bruno Rousset. Une mauvaise nouvelle pour les consommateurs.