Reassurance/Catastrophe industrielle : Munich Re veut lancer un produit spécifique pour les plateformes pétrolières

Munich Re, réassureur allemand et numéro un mondial, a annoncé lors des Rendez-vous de Septembre à Monaco avoir un projet d’assurance à destination des plateformes pétrolières.
L’idée serait de couvrir à des niveaux beaucoup plus importants la responsabilité des entreprises engagées dans ces activités.

Quelques mois après l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon exploitée par BP dans le Golfe du Mexique, Munich Re se place sur le marché avec un projet de produit novateur.
Estimant qu’en agrégeant les différentes assurances des entreprises impliquées dans la création et l’exploitation d’une plateforme off-shore la limite de couverture atteint les 3,5Mds de dollars, le réassureur allemand propose de repousser celle-ci à 10 ou 20Mds de dollars.

L’assurance ne couvre pas les dégâts subis par la plateforme mais bien ceux causés à des tiers. Les principaux préjudices sont en effet liés aux frais de nettoyage des plage et de la nature, ainsi que les responsabilités sur une baisse de certaines activités économiques.

Un projet à plusieurs

Munich Re prévient que le projet peut être prêt rapidement, mais des discussions doivent avoir lieu avec d’autres réassureurs et assureurs. En effet, le numéro un mondial estime pour sa part pouvoir s’engager à couvrir jusqu’à 2Mds de dollars.

Un autre élément doit pouvoir favoriser la mise sur le marché d’une telle offre. Torsten Jeworrek, membre du board de Munich Re est pérsuadé qu’il existe une demande pour ce type d’offre. D’autant que « 300 projets d’exploration pétrolière » sont d’ores et déjà prévus pour les prochaines années dans le Golfe du Mexique selon le réassureur.

Munich Re n’a pas caché qu’un tel projet, augmentant considérablement les possibilités de couverture, n’était réalisable que si le risque était « mutualisable » : « Une capacité substantielle ne pourra être offerte que si un très grand nombre de plateformes pétrolières sont assurées » précise  Torsten Jeworrek.

Un allié de choix

Munich Re pourrait donc essayer de rallier à sa cause les petites et moyennes entreprises du secteur, dont les moyens sont parfois limités et qui ne peuvent ou ne veulent s’assurer lorsqu’elles prennent part à des « joint-venture ». L’idée de Munich Re est d’assureur un projet et non une entreprise, avec une estimation de coût de 10% maximum du montant assuré.

Surtout, la récente crise et son impact, tant économique que dans l’opinion publique suite à la fuite de Deepwater Horizon montre bien à quel point le sujet est sensible.
Le gouvernement américain n’a pas apprécié la crise ainsi que la gestion de celle-ci par le géant pétrolier. Munich Re entend entamer des discussions à ce niveau avec les représentants du pays.

Une catastrophe telle que celle vécue par les États-Unis rappelle l’Exxon Valdez en 1989 qui avait eu pour conséquence l’US Pollution Act. Les pouvoirs publics américains pourraient être le meilleur allié de Munich Re pour le lancement d’un tel produit.